Maigrelette

« Je voudrais pas que les gens croient qu’on est capables de faire des trucs aussi cons » dit Paul en lisant la fin de ma précédente parution. Non, en effet, nous nous sommes rassemblés à sept et nous n’avons pas « fait en sorte qu’à tour de rôle, il y ait toujours une personne hors de la pièce »…
« I wouldn’t want people to think that we can do such stupid stuff, » said Paul, reading the end of my last post. No, indeed, we gathered at seven and we did’nt « made sure that there was always one person out of the room in turn … »

Je suis d’un naturel confiant, et rares sont mes déceptions. Depuis le début de la pandémie, la méfiance cherche à prendre le pas – rappelez-vous, « chacun de nous a en lui deux loups qui se livrent bataille.
Le premier loup représente la sérénité, l’amour et la gentillesse.
Le second loup représente la peur, l’avidité et la haine.
“Lequel des deux loups gagne ?” demande l’enfant.
“Celui que l’on nourrit” répond le grand-père. »
I am naturally confident, and I rarely disappoint. Since the start of the pandemic, mistrust has sought to prevail – remember, « each of us has two wolves fighting each other.
The first wolf represents serenity, love and kindness.
The second wolf represents fear, greed and hatred.
“Which of the two wolves wins?” the child asks.
“The one we feed,” replied the grandfather. »

En moi ce sont les loups de la confiance et de la méfiance qui gagnent ou qui perdent chacun à son tour. Notre mode de vie nous écarte de la pression permanente que subissent ceux qui travaillent, nous portons un masque quelques minutes par semaine, le reste du temps nous sommes en balade ou chez nous, ils ne sont pas nécessaires.
The wolves of confidence and mistrust are those that win or lose each in turn in me. Our way of life takes us away from the constant pressure of those who work undergo, we wear a mask a few minutes a week, the rest of the time we are out for a walk or at home, they are not necessary.

Mais je me pose des questions nouvelles : je ne connais pas cette personne, comment l’approcher, comment garder les distances ?
But I ask myself new questions: I don’t know this person, how to approach him/her, how to keep distance?

Si les réunions familiales sont les plus contaminantes d’où viennent ces contaminations ? En famille, on ne porte pas de masques, mais si on l’a porté au travail, pourquoi diable et comment a-t-on bien pu se faire contaminer ? Les travailleurs respectueux des protocoles, port du masque, distanciation, deviennent-ils d’affreux irresponsables dès que, sortis de là, ils rentrent dans le cercle familial ? Et s’ils ont été respectueux des consignes, ils ne devraient pas être contaminés. Pourtant ils sont contaminants ? Il faudra qu’on m’explique.
If family reunions are the most contaminating, where do these contaminations come from? In the family, we do not wear masks, but if we have worn them at work, why the hell and how could we have been infected? Do workers who respect protocols, wearing masks, distancing themselves, become frightful irresponsible as soon as, out of there, they enter the family circle? And if they’ve been following the guidelines, they shouldn’t be contaminated. Yet are they contaminants? You’ll have to explain it to me.

On commence à penser que les enfants, donc les écoles, sont des agents qui expliqueraient la croissance très inquiétante des contaminations. Souvent asymptomatiques, ils pourraient être nombreux à rapporter le virus en rentrant après l’école.
We are beginning to think that children, and therefore schools, are agents which explain the very worrying growth of contaminations. Often asymptomatic, many may report the virus when they come home after school.

Alors que j’en suis là à me gratter la tête, je propose à Paul de regarder quelques-unes de milliers de photos qui saturent mon disque dur. Nous avons à peine commencé que, splaoutch !, je renverse ma tisane sur le clavier.
While I’m there scratching my head, I suggest that Paul look at some of the thousands of photos that are filling my hard drive. We have barely started when, splaoutch !, I spill my herbal tea on the keyboard.

Il ne me faut pas trois secondes (tout en glapissant de très vilains mots) pour retourner mon ordinateur et lui faire rendre au maximum l’eau qu’il a bue. Paul essuie toute la surface avec un torchon, Séb demande conseil à Gaëlle : il faut laisser sécher la machine soixante-douze heures.
It doesn’t take me three seconds (while yelping some very nasty words) to turn my computer over and get it back to the fullest of the water it has drunk. Paul wipes the entire surface with a cloth, Séb asks Gaëlle for advice: the machine must be allowed to dry for seventy-two hours.

Je suis furieuse après moi-même, ma maladresse qui est une sorte de légende dans la famille. Une fois ma machine installée comme un livre ouvert, nous passons à autre chose en espérant que les composants électroniques n’auront pas souffert.
I am furious with myself, my clumsiness which is a kind of legend in the family. With my machine set up like an open book, we move on and hope the electronic components haven’t suffered.

Paul me laisse gentiment l’accès à son ordinateur et je vais y faire certaines opérations courantes, mais pour différentes raisons j’y passe beaucoup moins de temps que sur le mien.
Paul kindly gives me access to his computer and I’ll do some day-to-day operations there, but for various reasons I spend a lot less time there than I do on my own.

Je ne vous ferai pas attendre trois jours : dimanche après-midi, après soixante et onze heures et demie, comme nous rentrons d’une balade et qu’une demi-heure de plus ou de moins ne devrait pas faire une grosse différence, j’appuie sur le bouton de démarrage. Tout semble aller pour le mieux, d’ailleurs c’est sur ma machine « post-inondation » que je rédige ma maigrelette chronique. Maigrelette. En effet, j’ai un alibi pour être brève, je n’ai rallumé mon mac que dimanche et d’habitude mes petites histoires sont déjà en partie rédigées.
I will not make you wait three days: Sunday afternoon, after seventy-one and a half hours, as we come back from a walk and that half an hour more or less should not make a big difference, I press the start button. Everything seems to be going for the best, moreover it is on my « post-flood » machine that I write my skinny column. Skinny. Indeed, I have an alibi to be brief, I only turned my mac back on on Sunday and usually my little stories are already partly written.

Nous avons eu le grand plaisir de recevoir des nouvelles de Solenn : tenir ce blog a ceci de sympa que j’apprends parfois que telle ou telle personne s’y intéresse et me lit plus ou moins régulièrement. Je suis contente que Solenn vienne s’y vider la tête d’autant plus que son quotidien de prof de fac à Lyon n’est pas facile !
We had the great pleasure of getting news from Solenn: keeping this blog is so cool that I sometimes learn that such and such a person is interested in it and reads me more or less regularly. I’m happy that Solenn comes to empty her head, especially since her daily life as a university teacher in Lyon is not easy!

« On pourra dire que l’année 2020 aura été éprouvante… » nous dit-elle, mais sans se plaindre. Elle travaille dans un milieu très exposé au virus. Elle nous signale la dégradation des conditions de la recherche, je n’ai que survolé ce texte mais j’y reviendrai sans tarder.
« We can say that the year 2020 will have been grueling… » she tells us, but without complaining. She works in an environment very exposed to the virus. She signals the deterioration of research conditions, I have only skimmed over this text but I will come back to it without delay.

Conséquence directe, les chercheurs français sont nombreux à partir à l’étranger. C’est le cas d’Emmanuelle Charpentier : maintenant qu’elle a obtenu le prix Nobel de chimie, on se souvient d’elle — voilà vingt-cinq ans qu’elle travaille hors de France, pas de quoi être fiers pour nos dirigeants…
As a direct consequence, many French researchers are going abroad. This is the case of Emmanuelle Charpentier: now that she has obtained the Nobel Prize in chemistry, we remember her – she has been working outside of France for twenty-five years, nothing to be proud of for our leaders. …

Et enfin, Solenn nous signale que les enseignants, comme le personnel hospitalier, n’apprécient pas d’être soudain couverts de louanges « sous la plume de ceux qui d’ordinaire détruisent l’école publique sans relâche » à cause de cet assassinat dont je n’ai pas envie de parler si ce n’est pour rappeler que Dieu est amour.
And finally, Solenn tells us that teachers, like hospital staff, do not appreciate being suddenly showered with praise « from the pen of those who usually destroy the public school relentlessly » because of this assassination about which I don’t want to speak except to remind people that God is love.

Pierre Perret — Au nom de Dieu — In the name of God

P.S. Si vous évitez de sucrer vos tisanes, vous ferez certainement moins de dégâts le jour où vous verserez celle-ci sur votre clavier. Cependant, vous n’êtes pas obligés de faire cette expérience.
P.S. If you avoid sweetening your herbal teas, you will certainly do less damage the day you pour it on your keyboard. However, you don’t have to do this experiment.

DERNIÈRE MINUTE — LAST MINUTE
« Le 25 septembre, sans surprise, le milieu scolaire et universitaire devient la première source de clusters en France. »
« On September 25, unsurprisingly, schools and universities became the main source of clusters in France. »

 NOTE

Toutes les photos ont été prises lors d’une balade dans les environs, de l’étang de Lemps à Surbaix, dans les environs d’Optevoz,  le 8 décembre 19.

All the photos were taken during a walk in the surroundings, from the Lemps pond to Surbaix, in the vicinity of Optevoz, on December 8, 19.

 

D’automne

J’ai toujours de bonnes raisons de râler, c’est lassant. Je ne suis jamais en panne d’indignation, elle est bien alimentée par un fleuve qui me noie…
I always have good reasons to complain, it’s boring. I am never out of indignation, it is well fed by a river that is drowning me …

Nouveau mensonge de Macron : ce sont les réunions familiales qui sont les plus contaminantes. Il est évident que la promiscuité dans le travail n’est en aucun cas contaminante.
Macron’s new lie: family reunions are the most contaminating. It is obvious that promiscuity at work is in no way contaminating.

J’aime bien chercher les informations à la source : on parle maintenant de « violence légitime de l’état » en se donnant Max Weber pour justificatif. Le malheureux (un homme considéré comme le fondateur de la sociologie moderne) doit se retourner dans sa tombe !
I like to look for information at the source: we now talk about « legitimate state violence » with Max Weber as justification. The unfortunate man (a man considered the founder of modern sociology) must turn around in his grave!

« Quand Max Weber parle de “violence légitime”, il en fait une description sociologique, il décrit ce qui est et non pas ce qui doit être. Max Weber théorise comment se sont constitués les États en tant qu’entités politiques.
C’est une définition des pouvoirs de l’État, pas une justification de la violence envers le peuple. »
« When Max Weber speaks of “egitimate violence”, he makes a sociological description of it, he describes what is and not what should be. Max Weber theorizes how states were formed as political entities.
This is a definition of state powers, not a justification for violence against the people. »

Ce sera mon seul couplet politique pour aujourd’hui.
It will be my only political speech for today.

FEU — FIRE
Nous nous chauffons au feu de bois depuis le 15 octobre, un mois plus tôt que l’année dernière. Il n’y a pas eu de gel, mais les nuits sont froides, un ou deux degrés.
We have been heating with a wood fire since October 15, a month earlier than last year. There was no frost, but the nights are cold, one or two degrees.

DES NOMBRES — NUMBERS
J’ai acheté mon VAE (vélo à assistance électrique) le 18 octobre 2018 : ce matin-là, Cosette m’a déposée à la boutique de Belley et j’ai inauguré la machine par trente-quatre kilomètres et un déraillement.
I bought my VAE (vélo à assistance électrique – electrically assisted bicycle) on October 18, 2018: that morning, Cosette dropped me off at the Belley boutique and I inaugurated the machine by thirty-four kilometers and a derailment.

J’aime la marche et faire du vélo, mais en vélo ça va vite, parfois trop vite. On ne peut pas être contemplatif, le mouvement est permanent. Il n’est pas facile d’admirer le paysage. À pied, il est facile de s’arrêter, en réalité ce n’est pas nécessaire car la vitesse est bien plus tranquille.
I like walking and cycling, but cycling is fast, sometimes too fast. You cannot be contemplative, the movement is permanent. It is not easy to admire the scenery. On foot it is easy to stop, in reality it is not necessary as the speed is much slower.

Les nombres m’amusent. Alors, je me suis lancé un défi : début octobre, le compteur du vélo atteignait les 2 800 kilomètres, je devais arriver à 3 000 pour le 18 octobre.
The numbers amuse me. So, I set myself a challenge: at the beginning of October, the cycle counter reached 2,800 kilometers, I had to reach 3,000 by October 18th.

C’est chose faite mais… je me suis aperçue aussi qu’en 2019, mon vélo a pris 300 kilomètres de plus que cette année. Aïe ! J’espère que malgré le froid, le temps va rester favorable ! Je vieillis, mais pas au point de voir baisser les scores d’une année à l’autre.
It’s done but … I also noticed that in 2019, my bike took 300 kilometers more than this year. Ouch! I hope that despite the cold, the weather will stay favorable! I’m getting older, but not to the point where my scores drop year after year.

Paul a trouvé un pneu à plat : nous l’avons regonflé et nous sommes partis quand même. Il était de nouveau bien ramolli (le pneu, pas Paul) au bout de huit kilomètres, ce qui nous a incités à rentrer sans plus tarder ! Nous sommes alors partis une nouvelle fois marcher sur la digue rive gauche du Rhône, à Brangues près du pont de Groslée. C’est une balade un peu monotone, avec le début de l’explosion des couleurs automnales.
Paul found a flat tire: we re-inflated it and drove off anyway. It was again very flabby (the tire, not Paul) after eight kilometers, which prompted us to return without further delay! We then left for another walk on the left bank dike of the Rhône, at Brangues near the Groslée bridge. It’s a bit of a monotonous ride, with the beginning of the explosion of autumnal colors.

COING-POMME — QUINCE-APPLE
Nanath m’a aidée à trier les coings, Paul aussi, et nous avons finalement fait un peu de compote et beaucoup de pâte et de gelée. Pour la gelée, le thermomètre a atteint 106.1°C, je ne savais pas que l’on pouvait atteindre une telle température.
Nanath helped me prepare the quinces, Paul also helped me, and we finally made some compote and a lot of dough and jelly. For the jelly, the thermometer reached 106.1 ° C, I did not know that you could reach such a temperature.

Certains vendraient leur âme au diable juste pour ça.    
Some would sell their soul to the devil just for that.

Parmi nos (innombrables) aventures, il y a eu la fête de la pomme chez Michel qui a planté encore de nouveaux pommiers. D’habitude, la fête a lieu sur la commune du Bouchage, mais, pandémie oblige, elle a été divisée pour éviter de trop gros rassemblements.
Among our (countless) adventures, there was the apple festival at Michel’s house, who planted new apple trees. Usually, the party takes place in the town of Le Bouchage, but, pandemic obliges, it was divided to avoid too large gatherings.

Il y avait un petit marché de producteurs bien sympathique, une « artisan couturière » – j’aime le retour de ces petits métiers – une viticultrice, un apiculteur, un stand d’information et de mangeoires pour oiseaux…
There was a very nice little farmers’ market, an « artisan seamstress » – I love the return of these small trades – a winegrower, a beekeeper, an information stand with bird feeders …

J’y suis retournée l’après-midi, en vélo cette fois (il faut bien que de temps en temps et malgré le froid je saute sur ma monture !) et j’ai suivi un groupe pour faire de l’identification de plantes. Achillée millefeuille, plantain, lierre terrestre… font partie de notre quotidien, l’ortie aussi bien sûr, excellente pour la santé mais pas facile à récolter et à consommer !
I returned there in the afternoon, by bike this time (it is necessary that from time to time and despite the cold I jump on my mount!) and I followed a group to identify plants. Achillea millefolium, plantain, ground ivy … are part of our daily lives, nettle also of course, excellent for health but not easy to harvest and consume!

J’étais là-bas aussi pour écouter le groupe vocal dont fait partie Gauthier le boulanger. Ce fut un très bon moment, dans un contexte pourtant défavorable : dans mon dos des gens discutaient (mais pourquoi ne se sont-ils pas éloignés ?) et des enfants jouaient à un jeu de palet dont les le tac-tac n’étaient pas toujours en phase avec le tempo.
I was also there to listen to the vocal group of which Gauthier the baker is a part. It was a very good moment, in an unfavorable context: behind my back people were discussing (but why didn’t they move away?) and children were playing a game of shuffleboard whose tac-tac were not always in tune with the tempo.

Le groupe a présenté de nombreuses chansons d’origines diverses, dont l’interprétation représentait parfois un véritable défi ! Gauthier m’a dit par la suite qu’une d’entre elles a demandé des mois de préparation. Je ne suis pas surprise, le résultat était vraiment réussi, plaisant à écouter, mais il est facile de se rendre compte de la difficulté à chanter aussi bien. Il est évident qu’il faut un travail considérable pour en arriver à cette belle qualité.
The group performed many songs from various origins, which sometimes presented a real challenge! Gauthier later told me that one of them took months of preparation. I’m not surprised, the result was really successful, fun to listen to, but it’s easy to see how difficult it is to sing so well. Obviously, it takes a lot of work to achieve this fine quality.

Le groupe, détendu et souriant, mais concentré, a été bien applaudi, je ne suis pas la seule à avoir apprécié.
The group, relaxed and smiling, but concentrated, was well applauded, I am not the only one to have appreciated.

Il faisait froid et je me suis couverte pour repartir. En passant « sous Verchères », j’ai récolté une poignée de châtaignes. Mention spéciale pour ces cinq-là, toutes réunies dans la même belle bogue.
It was cold and I dressed warmly to leave. While passing « sous  Verchères », I harvested a handful of chestnuts. Special mention for these five, all gathered in the same beautiful bug.

Quoi d’autres ? — What else?

Séb est parti explorer le Valgaudemar et a fait de belles randonnées pendant son bref séjour, mais il est revenu sans trop tarder à cause d’un problème de batterie. Nous venons d’ailleurs de changer la nôtre sur le C3, serait-ce contagieux ?
Séb left to explore the Valgaudemar and had some great hikes during his brief stay, but he returned without delay due to a battery problem. We have just changed ours on the C3, would that be contagious?

Yves est passé nous voir et nous sommes allés manger chez lui : il a une fort belle maison et un très grand et beau terrain, on se croit en pleine campagne alors qu’on est dans Morestel. Nous avons beaucoup apprécié ces quelques heures. Nous cherchons maintenant quels projets communs nous pouvons mettre en place. Malheureusement, il ne peut s’agir pour le moment de réunir des groupes trop nombreux.
Yves came to see us and we went to eat at his place: he has a very beautiful house and a very large and beautiful piece of land, we think we are in the countryside when we are in Morestel. We really enjoyed these few hours. We are now looking for what common projects we can set up. Unfortunately, it cannot be about bringing together too many groups at this time.

Paul a récolté des haricots (excellentissimes !) encore le 16 octobre, c’est à peine croyable. Il faut que j’aille en cueillir à mon tour, c’est dans mon programme.
Paul harvested beans (extremely good!) again on October 16th, it’s hardly believable. I have to go pick some myself, it’s in my schedule.

Gaëlle a pu quitter Lyon pour un séjour trop bref ici – attention au retour, elle doit respecter le couvre-feu maintenant ! C’était l’occasion d’une soirée crêpes avec aussi Laurent, Samuel et Cassandre. Séb est le spécialiste de la cuisson des crêpes.
Gaëlle was able to leave Lyon for too short a stay here – watch out for her return, she must respect the curfew now! It was the occasion of a pancake evening with also Laurent, Samuel and Cassandre. Séb is the specialist in baking pancakes.

Comme il n’est pas vraiment permis de se rassembler au-delà de six, nous avons fait en sorte qu’à tour de rôle, il y ait toujours une personne hors de la pièce – il ne faut pas se laisser abattre… C’est juste un peu compliqué et acrobatique, mais que ne ferait-on pas pour respecter la loi !
Since it is not really allowed to assemble beyond six, we made sure that there was always one person out of the room in turn – you should not be put down… It’s just a little complicated and acrobatic, but what wouldn’t you do to respect the law!

Le bric-à-brac habituel

 

Balade au bord du Rhône — Walk along the Rhône

BIG BROTHER IS WATCHING YOU!
Sur le site du gouvernement il y a un tutoriel pour fabriquer des masques. Youtube étant désactivé, il faut, je cite, « autoriser le dépôt de cookies pour accéder à cette fonctionnalité ». Sans avoir le choix de refuser ! Moi qui passe du temps maintenant à refuser l’installation de cookies, sachant que malheureusement, mon refus peut ne pas être respecté, mais je fais ce que je peux, eh bien je n’irai pas regarder la vidéo. Non mais.
On the government website there is a tutorial for making masks. Youtube being disabled, it is necessary, I quote, « to authorize the deposit of cookies to access this functionality ». Without having the choice to refuse! Now I spend time refusing the installation of cookies, knowing that unfortunately my refusal may not be honored, but I do what I can, well I will not watch the video. Or what next.

LES MENTEURS PROFESSIONNELS
Non décidément, je n’arrive pas à croire que Trump a chopé le Covid-19. C’est comme le garçon qui criait tout le temps « au loup », pour s’amuser et faire courir les villageois : le jour où le loup est arrivé, personne n’a bougé et le garçon s’est fait croquer. À force de mentir, plus personne ne vous croit.
PROFESSIONAL LIARS
No really, I can’t believe Trump got the Covid-19. It’s like the boy who shouted « wolf » all the time, to have fun and make the villagers run: the day the wolf arrived, no one moved and the boy got bitten. By dint of lying, no one believes you anymore.

D’ailleurs, qu’il l’ait attrapé ou pas, je m’en fiche : ce qui me préoccupe, c’est que le pays qui s’est proclamé gendarme de la planète soit gouverné par des gens aussi dangereux. Trump parmi d’autres, particulièrement violent.
Besides, whether he caught it or not, I don’t care: what worries me is that the country that has proclaimed itself the world’s policeman is ruled by such dangerous people. Trump among others, particularly violent.

ET NOUS DANS TOUT ÇA
La semaine dernière, en opposition avec ce climat de haine, j’insistais encore une fois sur le lien social. Plus le temps passe plus j’y accorde de l’importance et les dérives états-uniennes ne me donnent pas tort. La pandémie a éveillé en moi une méfiance inattendue vis-à-vis des inconnus : je ne me sens pas tout à fait à l’aise si quelqu’un est trop proche de moi à mon goût. D’autant plus que les gens, lassés de ces précautions, sont nombreux maintenant à refuser les gestes barrière.
AND WHAT ABOUT US
Last week, in opposition to this climate of hatred, I once again insisted on the social bond. The more time passes, the more importance I attach to it and the American excesses do not prove me wrong. The pandemic has awakened in me an unexpected distrust of unknown people: I don’t quite feel comfortable if someone is too close to me for my liking. Especially since many people, tired of these precautions, are now in large numbers to refuse barrier gestures.

J’ai bien dit « des inconnus ». Nous avons modifié notre attitude avec les uns et les autres, les embrassades sont devenues bien rares et réservées à une minorité. Mais la présence de personnes que je connais ne me pose pas problème. Or, connue ou pas, une personne contaminante reste contaminante. Alors que signifie cette méfiance nouvelle que je ressens ? Et qui m’inciterait à m’isoler, à éviter les rencontres ? Encore une confusion, hélas bien encouragée.
I did say « unknown people ». We have changed our attitude with each other, hugs have become very rare and reserved for a minority. But the presence of people I know is not a problem for me. However, known or not, a contaminating person remains a contaminant. So what does this new distrust that I feel mean? And who would encourage me to isolate myself, to avoid dating? Another confusion, unfortunately well encouraged.

ALORS ON VA SORTIR QUAND MÊME
Depuis longtemps je souhaitais remplacer nos assiettes bien endommagées par des neuves. On doit pouvoir acheter des assiettes partout, mais notre modèle vient d’Ikéa, elles nous conviennent. Malgré toutes les réticences expliquées dans les lignes précédentes, il fallait se décider un jour à retourner dans ce magasin.
SO WE’LL GO OUT ANYWHERE
For a long time I wanted to replace our damaged plates with new ones. We should be able to buy plates everywhere, but our model comes from Ikea, they suit us. Despite all the reluctance explained in the previous lines, we had to decide one day to return to this store.

C’est chose faite. Ça n’a pas été facile : les grandes enseignes avaient disparu des façades, le parking était inaccessible, et nous étions arrivés là-bas malgré l’absence de fléchage. Il a bien fallu nous rendre à l’évidence, Ikéa avait déménagé. Depuis si longtemps que plus personne n’en connaissait l’ancienne adresse à part nous. Notons au passage que cet immense local est resté désaffecté depuis.
It’s done. It was not easy: the big signs had disappeared from the facades, the parking lot was inaccessible, and we had arrived there despite the absence of signs. We had to face the facts, Ikea had moved. For so long that no one knew the old address except us. It should be noted in passing that this huge room has remained abandoned since.

Les pingouins de notre espèce qui se retrouvent dans cette situation n’ont plus qu’à sortir leur iPhone et en deux clics ils ont résolu l’énigme. Puisque tout le monde est censé avoir en permanence sous la main de quoi se connecter. Paul et moi avons fait le choix de ne pas (trop) nous équiper, choix difficile car il y a toujours d’innombrables (mauvaises) raisons pour investir…
The penguins like us who find themselves in this situation just have to pull out their iPhone and with two clicks they have solved the riddle. Since everyone is supposed to have something to connect to at all times. Paul and I made the choice not to equip ourselves (too much), a difficult choice because there are always countless (bad) reasons to invest …

On parle d’illectronisme, surtout chez les personnes âgées : à quatre-vingt-treize ans, mon père ne peut plus faire sa déclaration d’impôts car il n’est pas connecté sur internet (même s’il utilise un ordinateur). Son cas n’est pas le pire mais ses difficultés sont déjà grandes. Pour toutes sortes de raisons, un grand nombre de personnes n’ont pas accès à internet, ou ne savent pas s’y retrouver, ce qui revient au même. Pendant le confinement il a été très difficile de travailler pour certains enfants dont les familles ne possèdent pas d’ordinateur, ou encore un seul pour plusieurs enfants. Et c’est un nouveau fossé qui se creuse entre ceux qui savent et possèdent, et les autres.
We talk about « d’illectronisme » (someone who would be illiterate, concerning computers), especially among the elderly: at ninety-three, my father can no longer file his tax return because he is not connected to the internet (even if he uses a computer). His case is not the worst, but his difficulties are already great. For all sorts of reasons, a lot of people don’t have access to the internet, or don’t know how to navigate, which is the same thing. During confinement it was very difficult to work for some children whose families did not have a computer, or even one for several children. And there is a new gap that is widening between those who know and have, and the rest.

Tel était le thème de mes réflexions, alors que nous cherchions où aller depuis ce parking à l’abandon, au milieu du défilé vers les autres hypermarchés des gens pressés dans leur voiture. Renseignés mais à moitié bien, nous nous sommes retrouvés en pleine campagne et quand j’ai pu me garer (comprendre : quitter les voies express) nous avons dérangé Dom qui travaille à domicile, qui nous a aidés à retrouver notre route… Nous étions à dix-sept kilomètres du but.
That was the theme of my thoughts, as we searched for where to go from that abandoned parking lot, in the middle of the parade to the other hypermarkets of people in a hurry in their cars. Informed but half well, we found ourselves in the countryside and when I was able to park (understand: leave the expressways) we disturbed Dom who works at home, who helped us find our way … We were at seventeen kilometers from the goal.

Nous sommes quand même arrivés à destination, et après avoir fait nos emplettes nous avons décidé de manger là, il était tard : comme ça, nous savons que plus rien ne nous attire dans ce magasin, ni les marchandises, ni le restaurant.
Anyway, we arrived at our destination, and after doing our shopping we decided to eat there, it was late: that way, we know that nothing more attracts us to this store, neither the goods, nor the restaurant.

Comme on est bien à la campagne ! Nous en avions une nouvelle fois la preuve. Nous avons fêté cela en ouvrant de nouveaux itinéraires. Nos vélos adaptés au chemin se sont trouvés à faire du tout terrain, ce qui n’était pas prévu du tout.
How good we feel in the countryside! We had proof once again. We celebrated this by opening new routes. Our trail-adapted bikes happened to be off-road, which was not expected at all.

Les buis tués par la pyrale offrent parfois le spectacle magnifique des mousses qui les habillent.
The box trees killed by the moth sometimes offer the magnificent spectacle of the mosses which dress them.

 

Une autre fois, j’ai participé à une sortie dans le cadre de la fête de la nature : une « visite d’une exploitation forestière respectant le couvert forestier et  sa biodiversité » était proposée. Cela s’adressait essentiellement aux forestiers, bon, j’ai fait une jolie balade. Elle se situe dans les bois qui ont servi pendant la guerre à alimenter les gazogènes, et je suis contente car aujourd’hui la forêt est exploitée avec discernement. Les arbres marqués d’un rond rouge ne doivent pas être abattus, les propriétaires font des visites régulières de leur forêt et ont un calendrier précis pour les abattages. Aujourd’hui, cette coupe ne produit que du bois de chauffage, mais dans quelques décennies si les arbres ont poussé comme prévu, on les abattra comme bois d’œuvre. Les branches sont entassées pour se décomposer et nourrir le sol.
Another time, I took part in an outing as part of the Fête de la Nature: a « visit to a forest operation respecting the forest cover and its biodiversity » was offered. This was mostly aimed at foresters, well, I had a nice ride. It is located in the woods that were used during the war to fuel gasifiers, and I am happy because today the forest is used with discernment. Trees marked with a red circle must not be felled, the owners make regular visits to their forest and have a precise schedule for the fellings. Today that cut only produces firewood, but in a few decades if the trees have grown as expected, they will be felled as lumber. The branches are piled up to decompose and nourish the soil.

Je parlais du malaise que les médias ont réussi à me faire ressentir concernant la pandémie, les gestes barrière, les précautions prises ou pas prises. J’aime bien aller au restaurant de temps en temps, un petit plaisir. Mais ce n’est pas sans arrière-pensée que j’ai réservé deux places, juste après la virée catastrophe à Ikéa, dans un petit restau du coin : il nous fallait la preuve qu’on trouve de la vraie nourriture dans un restaurant. Bien sûr, nous y sommes allés en vélo, cela permet de manger le dessert sans scrupules malvenus…
I was talking about the unease that the media managed to make me feel about the pandemic, the barrier gestures, the precautions taken or not taken. I like to go to a restaurant once in a while, a little pleasure. But it was not without ulterior motives that I reserved two places, just after the disaster trip to Ikea, in a small restaurant in the area: we needed proof that we can find real food in a restaurant. Of course, we went there by bike, it allows us to eat the unwelcome unscrupulous dessert …

POURQUOI JE DÉTESTE LES JEANS DÉCHIRÉS
Un qui ne va pas du tout au restaurant : ce garçon de douze ans vu dans le journal télévisé d’Arte. Fils aîné, il remplace son père disparu en travaillant douze heures par jour dans un garage, un boulot très dur qui lui rapporte bien trop peu. Il porte un jean qui a connu des jours meilleurs, mais lui, il ne l’a pas acheté dans une boutique à la mode. Sa famille vit dans une cave sans eau ni électricité. Ça se passe aujourd’hui, en Syrie. Alors les déchirures de son pantalon, il ne les a pas faites exprès, elles sont là parce qu’il utilise toujours le même…
WHY I HATE RIPPED JEANS
One who doesn’t go to a restaurant at all: the twelve-year-old boy seen on Arte’s TV news. Eldest son, he replaces his deceased father by working twelve hours a day in a garage, a very hard job that earns him far too little. He wears jeans that have seen better days, but he didn’t buy them in a trendy store. His family lives in a cellar without water or electricity. It’s happening today in Syria. So the rips in his pants, he didn’t do them on purpose, they’re there because he always uses the same one …

Je détestais déjà le snobisme des pantalons pré-déchirés, préparés je ne sais où dans des ateliers où l’on travaille sans protection, désormais je ne pourrai plus en voir sans penser à ce courageux garçon qui rêve de pouvoir retourner à l’école.
I already hated the snobbery of pre-ripped pants, prepared somewhere in workshops where people work without protection, now I will not be able to see any more without thinking of this brave boy who dreams of being able to go back to school.

L’égalité, le partage, la fraternité sont plus que jamais nécessaires. Et moins que jamais pratiqués. En France, pays mieux loti que la Turquie, le Secours Populaire a vu 45 % de nouvelles demandes, venant de gens qui n’avaient jusqu’à présent jamais fait appel à ses services. Mais le confinement et les suites actuelles ont privé de ressources beaucoup de gens. Ceux-là étaient je suppose intérimaires, vacataires, ou encore ils travaillaient au noir : ils n’ont pas droit au chômage ou à d’autres aides. La pauvreté grandit pendant que les riches s’enrichissent. C’est pour cela que je parle d’égalité, de partage. Non seulement l’ISF devrait être rétabli, mais les fortunes personnelles devraient être limitées. Je ne suis pas la seule à dire que l’argent doit être gagné, mérité, et que l’argent ne doit pas rapporter d’argent.
Equality, sharing, fraternity are more necessary than ever. And less than ever practiced. In France, a country better off than Turkey, Secours Populaire saw 45% of new requests, coming from people who had never used its services until now. But the confinement and current aftermath have deprived many people of resources. These were I suppose temporary workers, or they were moonlighting: they are not entitled to unemployment or other aid. Poverty grows as the rich get richer. That’s why I’m talking about equality, about sharing. Not only should the ISF (wealth tax) be restored, but personal fortunes should be limited. I’m not the only one who says that money should be earned, deserved, and money should not make money.

En d’autres termes, je ne considère pas du tout de la même façon une fortune gagnée par son travail ou en boursicotant.
In other words, I do not see a fortune earned by work or by trading in the same way at all.

UNE FIN ABRUPTE
Sur ce, je m’en vais retrouver mon vélo qui piaffe d’impatience.
AN ABRUPT END
Thereupon, I’ll find my bike pawing impatiently.

Le Village à l’aube

HORS DU VILLAGE — LE SINISTRE INDIVIDU
OUTSIDE THE VILLAGE — THE SINISTER INDIVIDUAL
À peine visible à la nuit tombante sur le bord de la route, un homme fait des signes désespérés : je freine et me gare en catastrophe, un grand type mal en point, échevelé, livide au milieu des tempêtes, mal vêtu, sale. Il aurait ouvert la portière si le verrouillage automatique n’était en fonction. Sur un ton autoritaire, il me demande de le déposer « par là-bas ».

Barely visible at nightfall on the side of the road, a man makes desperate signs: I brake and park in a hurry, a tall guy in bad shape, disheveled, livid in the midst of storms, badly dressed, dirty. He would have opened the door if the automatic locking was not on. In an authoritative tone, he asks me to drop him « over there ».

Je finis par comprendre un peu de son baragouin : il a chopé le Covid-19, suite à cela a perdu son boulot et s’est fait expulser – et me parle sans précaution particulière. Je réduis la fente de la vitre en espérant que ça suffira.
I come to understand a little of his gibberish: he caught the Covid-19, lost his job and got kicked out as a result – and speaks to me without any special precaution. I reduce the slit in the glass, hoping it will be enough.

Enfin, enfin je le reconnais ! L’effet de surprise aura duré bien longtemps, et il y a de quoi : hier encore il pérorait devant les caméras, faisant appel aux milices d’extrême-droite, et déterminé à contester le vote s’il ne lui était pas favorable.
Finally, finally I recognize him! The element of surprise will have lasted a long time, and there is good reason: just yesterday he was speaking in front of the cameras, appealing to far-right militias, and determined to contest the vote if it was not favorable to him.

Alors, ce type misérable, abandonné de tous ? C’est le dernier truc qu’il a trouvé, inspirer la pitié, pour faire basculer les électeurs de son côté ? Peut-être pas plus malade que moi, d’ailleurs, quand il aura démontré à sa façon idiote habituelle que ce n’est pas une maladie grave, la preuve, il a guéri si vite, on le retrouvera sous le feu des projecteurs…
So, this miserable guy, abandoned by all? Is this the last trick he found, inspiring pity, to tip voters on his side? Maybe no more ill than me, by the way, when he demonstrates in his usual silly way that it is not a serious illness, the proof, he healed so quickly, we will find him back in the spotlight …

J’y crois pas, et lui non plus quand je démarre en trombe, espérant que le prochain conducteur maîtrisera moins bien son véhicule.
I can’t believe it, and neither does he when I start like a whirlwind, hoping that the next driver will be less in control of his vehicle.

RETOUR AU VILLAGE
RETURN TO THE VILLAGE
Trêve de fiction stupide, retour sur le Village, avec encore une fois un enchaînement impossible…

Joking aside with my stupid fiction, return to the Village, with once again an impossible sequence …

Quand Paul et moi nous sommes installés ici, en 1973, nous étions terriblement isolés. Loin de Grenoble, région d’origine de Paul, et où j’avais passé deux ans ; moi encore plus loin de mes racines. Les amis étaient rares, le téléphone aussi, les hivers longs, humides et froids… À la belle saison nos visiteurs aimaient cette campagne riante, mais nous leur parlions des grises journées, l’hiver.
When Paul and I moved here in 1973, we were terribly isolated. Far from Grenoble, region of origin of Paul, and where I had spent two years; me even further from my roots. Friends were scarce, the phone too, the winters long, wet and cold… In summer our visitors loved this cheerful countryside, but we talked to them about the gray days, on winter.

Après trois ans, nous avons rencontré Claude et Brigitte qui s’installaient dans le coin. Beaucoup de choses se sont mises en place très vite, et d’abord les visites fréquentes chez eux ou chez nous. Paul et Claude ont fait de la menuiserie ensemble, et je les accompagnais souvent pour l’abattage du bois de chauffage.
After three years, we met Claude and Brigitte who were settling in the area. A lot of things fell into place very quickly, first of all the frequent visits to them or to us. Paul and Claude did carpentry together, and I often went with them to cut firewood.

Nous avons mis beaucoup de choses en commun et aujourd’hui encore nous pratiquons de nombreux échanges, utilisation des machines à bois, fournitures de plants de légumes… L’hiver dernier, j’ai raconté comment nous avons récupéré du bois de chauffage. Mais nous cherchions toujours une autre formule, chacun ayant sa maison et son jardin à côté qui nous donnaient beaucoup à faire.
We put a lot of things in common and even today we have a lot of exchanges, using woodworking machines, supplying vegetable plants … Last winter, I told about how we collected firewood. But we were always looking for another formula, each having their own house and garden nearby which gave us a lot to do.

Les années ont passé, nous avons été de plus en plus enracinés, gérant tant bien que mal l’entretien de la propriété et… notre soif de voyage : c’était plus compliqué quand nous avions poules et canards, moutons, chèvres, dindes et oies…
The years have passed, we have become more and more rooted, managing as best we can the maintenance of the property and … our thirst for travel: it was more complicated when we had chickens and ducks, sheep, goats, turkeys and geese …

En même temps nos idéaux se sont affinés : la vie en communauté n’était plus le passage obligatoire d’après 68, il y avait d’autres options, et d’abord, pour que cela puisse durer, mieux valait commencer prudemment : on ne mettrait pas tout en commun d’un coup, cela se ferait petit à petit, au feeling.
At the same time our ideals were refined: community life was no longer the obligatory passage after 68, there were other options, and first of all, in order to make it last, it was better to start cautiously: we would not put everything in common at once, it would be done little by little, by intuition.

Mais il restait un grand vide entre les rêves ou les idéaux, et la réalité. Nous disposons d’un terrain suffisamment grand pour que plusieurs jardiniers y produisent largement leurs besoins, nous étions ouverts à toutes les formules qui ne passeraient pas par l’utilisation de poisons. Un ami marocain avait bien ri de nous, en nous disant que sur la surface cultivée pour nous deux, les Marocains feraient vivre plusieurs familles.
But there was still a great void between dreams or ideals and reality. We have a land large enough for several gardeners to produce their needs widely, we were open to all formulas that did not involve the use of poisons. A Moroccan friend had laughed at us, telling us that on the cultivated area for both of us, the Moroccan would support several families.

La perle rare existait forcément, mais nous ne savions comment rencontrer la personne qui partagerait le travail, permettrait de mieux valoriser le terrain, et grâce à qui nous pourrions de temps en temps nous envoler à droite ou à gauche. Et dans ces conditions, on reprendrait trois poules ?
The rare gem necessarily existed, but we did not know how to meet the person who would share the work, who would make it possible to better value the land, and thanks to whom we could from time to time fly to the right or to the left. And under these conditions, we would take three hens?

Pour partir en voyage, nous avons parfois prêté la maison à des amis moyennant l’entretien, c’était une bonne solution, mais ponctuelle. Nous avons demandé de l’aide à des proches, Patrice et Odile ne sont pas les seuls à avoir été mis à contribution ! Depuis presque un demi-siècle on peut dire qu’on a cherché, et nombreuses sont les personnes à avoir donné un coup de main…
To go on a trip, we sometimes loaned the house to friends for upkeep, it was a good solution, but on time. We asked for help from relatives, Patrice and Odile are not the only ones to have been involved! For almost half a century we can say that we have searched, and many people have lent a hand …

J’ai dit, souvent – et l’avenir dira si j’ai raison ou tort – qu’une seule paire de bras supplémentaire résoudrait la plupart des problèmes. En d’autres termes : comment partager un projet durable avec quelqu’un ?
I have said, often – and the future will tell whether I am right or wrong – that just one extra pair of arms would solve most problems. In other words: how do you share a sustainable project with someone?

Le remembrement a permis d’agrandir notre terrain qui mesure maintenant dans les huit mille mètres carrés.
The land consolidation has allowed us to expand our land which now measures about eight thousand square meters.

Nous avons été membres de CouchSurfing à  l’époque où c’était une pratique à échelle humaine et avant que Airbnb n’en fasse une entreprise commerciale, puis nous avons adhéré à Help X et Workaway, qui depuis 2012 nous ont permis d’héberger 87 personnes venus de tous les horizons. L’aventure a été fantastique. Les aides ponctuelles, bien sûr, limitées dans le temps, mais elles ont représenté une belle amélioration et le bilan est très positif.
We were members of CouchSurfing when it was a human-scale practice and before Airbnb made it a commercial enterprise, then we joined Help X and Workaway, which since 2012 have allowed us to host 87 people from all walks of life. It has been a fantastic adventure. One-off aid, of course, limited in time, but it represented a great improvement and the results are very positive.

Adhérents au SEL des Lauzes depuis quelques années, nous nous sommes enrichis au contact de nouvelles personnes, et espérons avoir apporté quelque chose en retour.
Members of the « SEL des Lauzes » for a few years, we have enriched ourselves through contact with new people, and hope to have brought something in return.

Aujourd’hui, Jean-Paul, notre voisin depuis quelques années, est en voie d’accès à la retraite : quand il se lance avec Paul dans une discussion passionnée, plus rien ne compte. Cosette vient de tomber dans la retraite elle aussi. Jean-Paul et Cosette n’ont pas de projet collectif, même si nous pratiquons volontiers les échanges de service.
Today, Jean-Paul, our neighbor for several years, is on the way to retirement: when he embarks on a passionate discussion with Paul, nothing matters. Cosette has just fallen into retirement as well. Jean-Paul and Cosette do not have a collective project, although we gladly practice exchanges of service.

Dans la maison voisine, Jean-Pierre et Chantal occupent la maison où nous avons passé quinze ans : leur amitié chaleureuse est un plaisir permanent, sans oublier que leur présence a été encore plus précieuse pendant le confinement. Ils nous ont grandement aidés, découvrant un autre rythme de vie. Ils étaient heureux de profiter du beau temps et du calme, et pour nous qui avions dû renoncer à recevoir des helpers cause pandémie, ils ont été une bonne recrue !
In the neighboring house, Jean-Pierre and Chantal live in the house where we spent fifteen years: their warm friendship is a permanent pleasure, without forgetting that their presence was even more precious during the confinement. They helped us greatly, discovering a different rhythm of life. They were happy to take advantage of the good weather and the calm, and for us who had had to give up receiving helpers because of the pandemic, they were a good recruit!
Le dernier arrivé, c’est Laurent, l’ami Lolo, rencontré par une petite annonce dans « l’Âge de faire » : il cherchait où installer sa tiny house et sa personne pour une durée indéterminée.
Avant de ne rien décider, mais dès la première rencontre, nous avons sympathisé.
The latest arrival is Laurent, friend Lolo, met by a classified ad in « l’Âge de faire »: he was looking for where to install his tiny house and his person for an indefinite period.
Before deciding anything, but from the first meeting, we sympathized.

Retraité lui aussi, Laurent a quelques décennies au compteur. Il rêvait de mener désormais une existence plus tranquille et être maître de son temps.
Retired too, Laurent has a few decades on the odometer. He dreamed of leading henceforth a quieter existence and to control  his time.

Il est pour nous en quelque sorte la pierre qui manquait à l’édifice. Nous nous entendons très bien, les quelques heures hebdomadaires qu’il nous donne nous sont précieuses. Ensemble pour un repas, pour bavarder, pour regarder une émission, ou chacun de son côté en toute indépendance. Et pour une balade !
In a way, he is for us the missing stone in the building. We get along very well, the few hours a week he gives us are precious to us. Together for a meal, to chat, to watch a program, or each on their own independently. And for a ride!

Pourquoi ai-je parlé de Village (avec une majuscule siouplaît !) et non de hameau ? Parce qu’il s’agit presque d’une entité vivante, pas seulement d’une juxtaposition d’habitats et de personnes. Parce que nous nous connaissons. Parce que le lien social, c’est la vraie vie.
Why did I say Village (with a capital letter please!) and not hamlet? Because it is almost a living entity, not just a juxtaposition of dwellings and people. Because we know each other. Because the social bond is real life.

Avec des gouttes de pluie

Les poissons se sont bien adaptés à leur nouveau logement. Les capturer n’a pas été facile, ils n’ont aimé ni l’épuisette ni le bref séjour dans un seau, mais maintenant ils apprécient de pouvoir se cacher. Les chats des environs, fort déçus quand la mare était vide, guettent à nouveau ce qui passe à portée de patte.
The fish have adapted well to their new home. Capturing them wasn’t easy, they didn’t like the net or the brief stay in a bucket, but now they appreciate being able to hide. The cats in the vicinity were very disappointed when the pond was empty, now they watch again for what passes within reach.

La pandémie a changé beaucoup de choses : Paul et moi partons souvent en voyage en septembre parce qu’il y a moins à faire au jardin et que les sites à visiter sont plus tranquilles. Cette année nous sommes indécis. Une évidence, nous ne franchirons pas de frontière. Alors, partir où, et combien de temps ?
The pandemic has changed a lot of things: Paul and I often go on trips in September because there is less to do in the garden and the places to visit are quieter. This year we are undecided. Obviously, we will not cross a border. So, where to go and for how long?

La présence de Lolo était pourtant tellement pratique ! Nous pouvions lui confier les derniers arrosages, les dernières cueillettes, lui demander de nourrir madame la Chatte. Mais trop d’incertitudes nous démotivent, entre les bruits les plus extravagants, complot mondial ou autre joyeuseté, et l’évidence des carences de notre pays.
Lolo’s presence was however so practical! We could entrust him with the last watering, the last picking, ask him to feed Madame la Chatte (Lady Cat). But too many uncertainties demotivate us, between the most extravagant rumors, global conspiracy or whatnot, and the obvious shortcomings of our country.

Libé annonce la démission du docteur Maurice Raphael, chef du service des urgences du CHU Kremlin-Bicêtre. « Je ne vais pas mourir à la tâche et dans l’indifférence de l’administration. » Le personnel hospitalier n’a pas vu d’amélioration de ses désastreuses conditions de travail, rien n’a été fait non plus ni pour accueillir les malades, ni pour les soigner au besoin en service de réanimation, on continue au contraire à supprimer des lits d’hôpital.
On continue de « prioriser l’économie sur la santé publique » dit un autre article de Libé.
Libé announces the resignation of Doctor Maurice Raphael, head of the emergency department of the CHU Kremlin-Bicêtre. « I am not going to die of the task while the administration remains indifferent. » The hospital staff have not seen any improvement in their disastrous working conditions, nothing has been done either to welcome the sick, or to treat them if necessary in the intensive care unit, on the contrary they continue to eliminate hospital beds.
They continue to « prioritize the economy over public health, » says another text in Libé.

Le climat : un autre problème gravissime qui devrait être prioritaire. J’ai pris l’habitude de parler de « dérèglement climatique » plutôt que de « réchauffement », car dès qu’il fait froid un discours imbécile remet le problème en question. Pourtant, c’est le réchauffement climatique qui tue déjà, et qui va rendre inhabitable de nouvelles portions de la planète.
The climate: another extremely serious problem that should be a priority. I have gotten into the habit of talking about « climate change » rather than « warming, » because as soon as it gets cold a foolish speech calls the problem into question. Yet it is global warming that is already killing, and will make new parts of the planet uninhabitable.

En tapant « mourir de chaud », on trouve d’innombrables réponses à pourquoi et comment on meurt à cause d’un excès de chaleur. Par exemple sur le site « Numerama » que je ne connaissais pas. Ou encore sur celui de « National Geographic », qui parle de chaleur meurtrière même sous une température un peu moins élevée, en cas de très forte humidité. Et aussi sur celui de « Sciences et avenir ».
By typing « hot to death », there are countless answers to why and how you die from excess heat. For example on the « Numerama » site which I did not know. Or on that of « National Geographic », which speaks of deadly heat even under a slightly lower temperature, in case of very high humidity. And also on that of « Sciences et avenir ».

Je n’ai pas de mots pour qualifier l’indifférence criminelle de nos dirigeants. Leur cynisme impudique. Leur incapacité à revoir les priorités. J’imagine que la réalité des vrais problèmes finira par leur sauter à la figure, mais de quelle situation dramatique vont-ils hériter ? Leur restera-t-il une marge de manœuvre ?
I have no words to qualify the criminal indifference of our leaders. Their shameless cynicism. Their inability to revisit priorities. I imagine that the reality of the real problems will eventually jump in their face, but what dire situation will they inherit? Will they have flexibility ?

Je lorgne avec envie du côté de l’Italie : Walter Ricciardi répond aux questions de l’Obs :
I eye with envy on the side of Italy: Walter Ricciardi answers the questions of the Obs:
« (…) Je sais que l’Italie n’a pas une image de pays rigoureux. Mais cette idée reçue sous-estime un élément essentiel : dans les situations d’urgence nos concitoyens ont prouvé qu’ils savaient affronter les problèmes avec fermeté et un certain sens du sacrifice. »
« (…) I know that Italy does not have the reputation of a harsh country. But this misconception underestimates an essential element: in emergency situations our fellow citizens have proven that they know how to face problems with firmness and a certain sense of sacrifice. »

Je m’étais promis de rester centrée sur ici, sur nous et maintenant. Mais les problèmes que j’évoque sont liés à notre quotidien, ils restent présents à l’esprit sous leur forme angoissante, et parler de nous, c’est les évoquer aussi, inévitablement.
I promised myself to stay focused on here, on us and now. But the problems I am talking about are linked to our daily lives, they remain in our minds in their distressing form, and to speak of us is to evoke them too, inevitably.

Même si cela fait bizarre de mettre en parallèle le petit confort de nos petits voyages tranquilles et les problèmes planétaires. Allez-vous trouver futile notre préoccupation ?
Even if it feels weird to compare the small comfort of our little quiet trips and the planetary problems. Will you find our concern futile?

Cela dit, je pense avoir clairement fait comprendre pourquoi nous ne bougeons pas trop de chez nous.
Having said that, I think I made it clear why we are not moving too much from home.

Le 17 septembre, il fait encore 30°C le jour et 20°C la nuit. Pourtant nous recommençons de tranquilles petites balades en vélo. C’est ainsi que je remarque ce panneau étrange : « danger, nid de frelons. » Alors que Paul file devant, j’examine ce qui ressemble à des champignons. Ce nid est magnifique. Cet arbre, je le connais, on se salue chaque fois que je passe par là. Il a perdu l’an dernier l’énorme branche qui a laissé un emplacement idéal pour les frelons.
On September 17, it’s still 30 ° C during the day and 20 ° C at night. However we start again quiet little bike rides. This is how I notice this strange sign: « Danger, hornet’s nest. » As Paul continues to pedal, I examine what looks like mushrooms. This nest is magnificent. This tree, I know it, we greet each other every time I pass by. He lost the huge branch last year that left a great place for hornets.

Le 23 septembre, nous allons à Sablonnières, vêtus de t-shirt. Les fortes chaleurs baissent et on peut pédaler un peu à n’importe quelle heure. Deux jours plus tard, j’enfile en plus un sous-vêtement chaud, un sweat et un coupe-vent – je ne le regrette pas. Ce jour-là, après quelques kilomètres, nous nous abritons sous un lavoir providentiel alors que quelques grêlons commencent à tomber. Cependant tout est calme et je m’en veux un peu d’avoir coupé notre élan.
On September 23, we go to Sablonnières, dressed in t-shirts. The hot temperatures drop and you can pedal a bit at any time. Two days later, I put on an additional underwear, sweatshirt and windbreaker – I don’t regret it. That day, after a few kilometers, we take shelter under a providential washhouse while some hailstones begin to fall. However, everything is calm and I am a little angry for having cut off our momentum.

Puis l’averse se déchaîne, un peu de grêle, suivie d’une averse très violente. Cela ne tarde pas à se calmer et nous repartons. Mépieu, Faverges, Le Devin, la viarhona… Un obstacle nous barre la route, un gros arbre tombé depuis peu de temps. Nous portons nos pesantes machines, en nous aidant, et avec quelques difficultés. Seul, il aurait fallu faire demi-tour.
Then the downpour breaks out, a little hail, followed by a very heavy downpour. It does not take long to calm down and we leave. Mépieu, Faverges, Le Devin, la viarhona… An obstacle stands in our way, a large tree that has recently fallen. We carry our heavy bikes, helping us, and with some difficulty. Alone, I would have had to turn back.

Rentrés à la maison, les vacances finies pour aujourd’hui, nous préparons quelques kilos de légumes pour le congélateur, ratatouilles et haricots.
Back home, the holidays over for today, we prepare a few kilos of vegetables for the freezer, ratatouilles and beans.

Les températures trop hautes pour la saison basculent d’un coup dans l’excès inverse. Il faut mettre le chauffage en marche le 27, moins d’une semaine après la balade en t-shirt. Après une sécheresse dramatique où nous avons commencé à mesurer les arrosages, il nous faut gaspiller l’eau. En réalité c’est l’occasion de déverser un mètre cube ici ou là au pied d’un arbre. Le niveau de la mare atteint son maximum. Les poissons ont froid et se cachent. J’espère pouvoir les nourrir de temps en temps pour les aider à passer l’hiver.
Temperatures that were too high for the season suddenly swung in the opposite direction. The heat should be turned on on the 27th, less than a week after the t-shirt ride. After a dramatic drought where we started to measure the waterings, we have to waste water. In reality, it is an opportunity to dump a cubic meter here or there at the foot of a tree. The level of the pond reaches its maximum. The fish are cold and hide. I hope I can feed them from time to time to help them get through the winter.

Je pars en expédition photo, avec dans l’idée de vous proposer au moins une goutte de pluie sur chaque cliché. Le dipelta et l’arbre aux faisans refleurissent mais jusqu’où cela ira-t-il ? Après tout, j’ai trouvé une violette fleurie l’an dernier, le 10 octobre. J’ai surveillé l’arbre aux faisans dont nous aimons beaucoup les fruits minuscules, au goût de caramel brûlé. Mais cette année, les fruits ont flétri sans passer par l’étape « délice ».
I go on a photo expedition, with the idea of giving you at least one raindrop on each shot. The dipelta and the pheasant tree are blooming again, but how far will it go? After all, I found a flowering violet last year, October 10th. I watched the pheasant tree, whose tiny, burnt caramel-flavored fruits we love. But this year, the fruits withered without going through the « delight » stage.

Notre richesse en eau est limitée quand c’est le plein été, le débit de la source a été particulièrement bas le 15 août. Aujourd’hui bien sûr il n’y a plus de problème de débit, jusqu’à l’année prochaine je pense. Il faudrait bien plus que nos cuves pour constituer un immense réservoir qui permettrait de mieux répartir cette richesse. La question de l’eau n’est pas encore réglée pour cette année et ne le sera sans doute jamais puisque maintenant, il faut régler l’excédent. L’arbre aux faisans parmi d’autres en a fait les frais avec ses fruits ratés.
Our water wealth is limited when it is midsummer, the spring flow was particularly low on August 15th. Today of course there is no more problem with the flow, until next year I think. It would take much more than our tanks to constitute an immense reservoir which would allow a better distribution of this wealth. The water issue has not yet been settled for this year and probably never will be, since now we have to deal with the surplus. The pheasant tree among others suffered with its failed fruits.

 

Pour finir je vous laisse méditer sur ce petit texte lourd de sagesse amérindienne :

To finish, I let you meditate on this little text heavy with Native American wisdom:
An old Indian explains to his grandson that each of us has two wolves fighting each other.
The first wolf represents serenity, love and kindness.
The second wolf represents fear, greed and hatred.
« Which of the two wolves wins? » The child asks.
« The one we feed, » replied the grandfather.