PasAssezDeTemps — NotEnoughTime

À Télérama, ils sont nombreux, moi je suis seule pour assurer la rédaction, la promotion, la publication et tous les tion que vous voudrez de mes bavardages. Nous sommes très occupés, nous ne nous ennuyons pas, oh pas du tout ! Cette semaine, il n’y aura que Télérama (pour ceux qui sont abonnés). Ce qui ne vous empêche pas de rester chez moi pour parcourir les pages précédentes, peut-être y trouverez-vous des pépites !
At Télérama, there are many of them, I am alone to take care of the writing, promotion, publication and all the ing and tion you want of my chatter. We are very busy, we are not bored, oh not at all! This week, there will only be Télérama (for those who are subscribers). Which doesn’t prevent you from staying with me to browse the previous pages, maybe you’ll find some nuggets there!

Et Mex dans tout ça ?

Crémieu

Chez les anarchistes, le débat électoral ne consiste pas à choisir son candidat, mais à savoir si oui ou non, on va voter.
Si nous votons, nous dit Élysée Reclus, nous renonçons à notre propre souveraineté en nommant des maîtres. Ceux-ci sont au-dessus des lois puisque ce sont eux qui les rédigent et nous font obéir.
Among anarchists, the electoral debate does not consist in choosing one’s candidate, but in knowing whether or not one is going to vote.
If we vote, says Élysée Reclus, we give up our own sovereignty by appointing masters. These are above the law since they are the ones who write them and make us obey.

Je trouve que l’histoire lui donne raison.
Ce qui a changé semble-t-il depuis l’époque de ce grand penseur, c’est que le choix est de plus en plus verrouillé alors que la lutte syndicale, bien affaiblie, consiste à entériner d’inévitables petites mesures sans conséquence.
I think history backs him up.
What has changed it seems since the time of this great thinker is that the choice is more and more locked in while the trade union struggle, much weakened, consists in ratifying inevitable small measures without consequence.

La douleur de voter… Presque comme un suicide… On vote « contre » pour tenter de faire barrage à une personne ou à des idées. Cette pratique me semble de plus en plus répandue. Le vote a été vidé de sa substance, les candidats sont au service du seul mot d’ordre que les banques et les cabinets conseil leur imposent. Aujourd’hui, nous sommes gouvernés par les banques et McKinsey. Non ?
The pain of voting… Almost like suicide… You vote « against » in an attempt to block someone or ideas. This practice seems to me to be more and more widespread. The vote has been emptied of its substance, the candidates are at the service of the only watchword that banks and consulting firms impose on them. Today we are ruled by the banks and McKinsey. Nope ?

J’ai assisté à des débats au cours desquels on ne vote pas, mais on modifie les propositions jusqu’à ce qu’elles conviennent à tous : cela peut être long, difficile et douloureux. Les participants doivent s’habituer à cette formule. Il faut s’exprimer, et rien que cela n’est pas toujours évident.
I’ve seen debates where you don’t vote, but tweak proposals until everyone agrees: it can be long, difficult, and painful. Participants should get used to this formula. You have to express yourself, and that alone is not always easy.

Je vis dans une société pyramidale : les êtres humains sont au sommet, dominateurs, ils conquièrent, ils s’imposent. Ils asservissent. Convaincus d’être d’essence supérieure (pas du sans plomb), ils colonisent : leur mode de vie est le seul valable. Est-ce pour cela qu’ils font la guerre ?
I live in a pyramid society: human beings are at the top, dominating, they conquer, they impose themselves. They enslave. Convinced that they are superior (in French : d’essence supérieure – superior gasoline, not unleaded), they colonize: their way of life is the only valid one. Is that why they make war?

Leur médecine, c’est pareil : la guerre à la maladie. Avez-vous rencontré un gastro-entérologue qui vous interroge sur votre alimentation ? Si vous avez mal à la tête, on vous donne de l’anti-mal de tête. Si vous faites une infection, on vous désinfecte (il est à noter d’ailleurs que maintenant, les désinfections sont devenus beaucoup plus douces, pour laisser l’organisme faire son travail, à commencer par la peau. Petite évolution intéressante).
Their medicine is the same: war on disease. Have you met a gastroenterologist who asks you about your diet? If you have a headache, you are given headache medicine. If you get an infection, you are disinfected (it should be noted that now, disinfection has become much gentler, to let the body do its job, starting with the skin. Interesting little development).

L’agriculture c’est pareil. On fabrique des substances dont les composants eux-mêmes poussent l’insecte ou la plante à fabriquer plus de résistance ! J’ai trouvé cette information dans l’ouvrage « les soins naturels aux arbres » d’Éric Petiot dont je vous ai déjà parlé un peu :
Là où 150 grammes d’atrazine à l’hectare suffisaient pour détruire le chénopode blanc, après plusieurs traitements sur la plante devenue résistante, il en faudra 20 à 40 kilos pour le même résultat !
Alors que telle invasion de parasites ou de végétation invasive a un sens pour qui sait observer : une carence en oligo-éléments par exemple. Il faut écouter l’arbre et l’aider. Rien de sentimental là-dedans, « écouter » l’arbre ne signifie pas un anthropomorphisme ridicule, mais une attitude scientifique bien nécessaire pour agir correctement et sans poisons (maintenant que ceux-ci ont fait largement la preuve de leur dangerosité).
Agriculture is the same. We manufacture substances whose components themselves push the insect or plant to manufacture more resistance! I found this information in the book « les soins naturels aux arbres » by Éric Petiot which I have already told you about a little:
Where 150 grams of atrazine per hectare was enough to destroy lamb’s quarters, after several treatments on the plant that has become resistant, it will take 20 to 40 kilos for the same result!
While such an invasion of parasites or invasive vegetation has a meaning for those who know how to observe: a deficiency in trace elements for example. You have to listen to the tree and help it. Nothing sentimental about it, « listening » to the tree does not mean ridiculous anthropomorphism, but a much-needed scientific attitude to act correctly and without poisons (now that these have been amply proven to be dangerous).

Et quand les êtres humains vont dans l’espace, c’est pareil : ils prévoient une hypothétique guerre des étoiles, l’armée contrôle une bonne partie de ce qui se balade là-haut. Ils envoient des messages avec image de l’Homme Blanc alors que la Chine, avec plus de 1.4 milliards d’habitants, soit environ 18 % de la population mondiale, c’est le pays le plus peuplé au monde… Il faut croire que cela n’a aucune importance.
And when human beings go into space, it’s the same: they’re planning a hypothetical star wars, the military controls a lot of what’s going on up there. They send messages with image of the White Man whereas China, with more than 1.4 billion inhabitants, that is to say approximately 18% of the world population, it is the most populated country in the world… It is necessary to believe that that doesn’t matter.

Avant de quitter Crémieu — Before leaving Crémieu

Et quand ils ont découvert des pays, ici ou là, un peu partout sur la planète, ils ont fait pareil : exterminer sans essayer de comprendre l’Autre. Parmi tant d’autres, le massacre des Tasmaniens a fait disparaître la totalité de la population. De tels crimes légaux ne sont même pas dénoncés !
And when they discovered countries, here and there, all over the planet, they did the same: exterminate without trying to understand the Other. Among many others, the massacre of Tasmanians wiped out the entire population. Such legal crimes go unreported!

Séb présente son livre — Séb presents his book

Je pourrais les nommer « Occidentaux », terme à la fois assez vague et assez précis… Je vois leurs attitudes comme des postures guerrières en permanence. Peu de paroles, pas d’écoute, mais de la domination et de l’arrogance.
I could call them « Westerners », a term both quite vague and quite precise… I see their attitudes as permanently warlike postures. Few words, no listening, but domination and arrogance.

Mex en concert
Quel bazar encore une fois ! Vous vous y retrouvez ? Des histoires enchevêtrées… Les événements en photos, un texte qui n’a rien à voir ! Je ne peux pas me mettre à la place du lecteur, j’ignore ce que ces fantaisies vous inspirent !
What a mess again! See you there? Tangled stories… Events in photos, a text that has nothing to do! I can’t put myself in the reader’s shoes, I don’t know what these fantasies inspire in you!

Notre culture est profondément imprégnée de ces notions de supériorité, de hiérarchie. Elle est aussi imprégnée d’idéologie : autrefois, sûr et certain, l’homme déposait une graine dans le corps de la femme, lequel était un simple réceptacle. Ce présupposé montre le plus total mépris de la femme. Malheureusement, quand la science bat en brèche les préjugés, la mentalité sexiste ne change pas pour autant.
Our culture is deeply imbued with these notions of superiority, of hierarchy. It is also imbued with ideology: once, sure and certain, the man deposited a seed in the woman’s body, which was a mere receptacle. This presupposition shows the most total contempt for women. Unfortunately, when science breaks down prejudice, the sexist mentality does not change

Installation désormais classique — Installation now classic

Voilà plus ou moins l’image mentale que j’ai du monde dans lequel je vis. Ces exemples sans cohérence, sans lien entre eux, sont en réalité comme un fil rouge dans mon esprit. Ce fil rouge me conduit à des déductions un peu surprenantes : est-ce notre impuissance à laisser notre empreinte, sont-ce nos déceptions électorales, qui nous poussent à acheter des voitures disproportionnées à nos besoins ? Et d’abord pourquoi une telle agressivité en voiture ?
This is more or less the mental image I have of the world in which I live. These examples without coherence, without connection between them, are actually like a common thread in my mind. This red thread leads me to somewhat surprising deductions: is it our inability to leave our mark, is it our electoral disappointments, which push us to buy cars disproportionate to our needs? And first of all, why such aggressiveness in the car?

Fête du four à St-Victor-de-Morestel
Zikanou en concert…
Le batteur est caché derrière la chanteuse — The drummer is hidden behind the singer

Tout n’est pas si radicalement mauvais. Je côtoie des gens qui ne sont ni arrogants, ni dominateurs. On fait grand cas de la permaculture aujourd’hui, respectueuse de la biodiversité.
« Dans un jardin en permaculture, […] le jardinier laisse faire la nature au lieu d’aller contre elle. Il met à profit les interactions naturelles… »
On écoute, on comprend, on agit. De même la médecine ayurvédique, tout autant traditionnelle et venant de l’Inde, écoute, comprend et agit.
All is not so radically bad. I meet people who are neither arrogant nor dominating. Much is made of permaculture today, respectful of biodiversity.
« In a permaculture garden, […] the gardener lets nature take its course instead of going against it. It leverages natural interactions… »
We listen, we understand, we act. Similarly Ayurvedic medicine, just as traditional and coming from India, listens, understands and acts.

La fête du four à St-Victor-de-Morestel
Gauthier le boulannger, à gauche, dépose de nouvelles pâtisseries
The oven festival in St-Victor-de-Morestel
Gauthier the baker, on the left, places new pastries

La bonté des gens est contagieuse, et j’ai rencontré de fort belles personnes très attachantes un peu partout. Et voilà un bon enchaînement pour vous parler de nos dernières Kalyneries Paulifauniques.
The kindness of people is contagious, and I have met very beautiful and endearing people everywhere. And here is a nice sequence to tell you about our last Kalyneries Paulifauniques.

la mix’cyclette
bicyclette pour mixer
bicycle for mixer

Je ne sais pas si Mex est anarchiste, en tout cas il nous a donné de fort beaux textes, son écriture est vraiment belle et originale.
La veille, nous sommes cinq pour monter le barnum, les habitués, Jean-Pierre et Chantal, Paul et moi, sans oublier Janneke (prononcer ia-ne-ke). Janneke ? Ah oui, je ne vous l’ai pas présentée, elle vient d’arriver. Mais vous venez de la voir lors de la balade à Crémieu.
Comme nous lui avons parlé du concert programmé, elle s’est organisée pour y assister.
I don’t know if Mex is an anarchist, in any case he gave us very beautiful texts, his writing is really beautiful and original.
The day before, we are five to assemble the barnum, the regulars, Jean-Pierre and Chantal, Paul and me, without forgetting Janneke. Janneke? Ah yes, I did not introduce her to you, she has just arrived.
But you just saw her during the walk in Crémieu.
As we told her about the scheduled concert, she organized herself to attend.

Merci pour la photo, Marc !
Thank you for the photo, Marc!

Paul me suggère de lire « comment je suis devenue anarchiste » d’Isabelle Attard qui a été députée ELV.
Paul suggests that I read « comment je suis devenue anarchiste » « how I became an anarchist » by Isabelle Attard who was an ELV deputy.

Routine ?

Nuages avec rayures — Clouds with stripes

Mon disque dur va finir par étouffer sous les nuages « spécial Lolo », alors je vous en livre une collection qui va entrecouper mes autres clichés.
My hard drive will end up suffocating under the « special Lolo » clouds, so I’m giving you a collection that will intersperse my other shots.

Nuages sans rayure et avec avion — Clouds without stripe and with plane

Chez mon père ou chez moi, mon existence est assez routinière. Même quand nous partons ici ou là, Paul et moi préférons un rythme de vie régulier et parfois répétitif.
Alors, rien ne vaut le plaisir de casser le rythme et de bousculer le quotidien.
Notre région est équipée d’un réseau routier assez dense et indigent en pistes cyclables. Nous sommes à deux kilomètres de la viarhona et pas loin de sa bretelle en direction de Crémieu, ce sont les seuls itinéraires réservés.
Parmi nos rituels, nous allons parfois à Sablonnières par la piste cyclable acheter du vin portugais.
At my father’s place or in my home, my existence is quite routine. Even when we go here or there, Paul and I prefer a regular and sometimes repetitive rhythm of life.
So, nothing beats the pleasure of breaking the rhythm and shaking up everyday life.
Our region is equipped with a fairly dense road network and lacking in cycle paths. We are two kilometers from the viarhona and not far from its ramp towards Crémieu, these are the only routes reserved.
Among our rituals, we sometimes go to Sablonnières by the cycle path to buy Portuguese wine.

Le jour de toutes les transgressions, nous sommes allés en vélo au restaurant. Nous avons appris à notre grande surprise que l’établissement, d’abord simple café, a ouvert il y a sept ans. Ce petit restaurant est tenu par un couple fort sympathique, le patron a tout fait de ses mains : le carrelage de la terrasse n’est pas très régulier dit-il, mais c’est joliment fait et le lieu est fort agréable, le repas fait maison excellent. On a une jolie vue sur une prairie coquettement aménagée et plus loin sur des chèvres, des poules et des lamas.
On the day of all the transgressions, we cycled to the restaurant. We learned to our great surprise that the establishment, initially a simple café, opened seven years ago. This small restaurant is run by a very nice couple, the owner did everything with his hands: the tiling of the terrace is not very regular, he says, but it’s nicely done and the place is very pleasant, the meal excellent homemade. We have a pretty view of a pretty landscaped meadow and further on goats, chickens and llamas.

Retour à la maison en vélo car le même jour (je parlais de toutes les transgressions) nous allons voir un spectacle de cirque. C’est presque par hasard si nous avons rencontré un jour Laurent (pas Lolo, un autre Laurent), de la compagnie « À balles et bulles ». Cette semaine se tient le festival des Turbulles, à Leyrieu, avec une programmation fantastique !
Back home by bike because the same day (I was talking about all the transgressions) we are going to see a circus show. It was almost by chance that one day we met Laurent (not Lolo, another Laurent), from the « À balles et bulles » company. This week is the Turbulles festival, in Leyrieu, with a fantastic line-up!

Nuages TRÈS nuageux ! — Clouds VERY cloudy!

Nous assistons à un spectacle excellent auquel des abeilles voudraient bien participer elles aussi. Mais quelle idée de s’installer à proximité d’une foule ? Je prends très peu de photos du spectacle, même sans flash, mon Canon n’est pas assez discret.
We are witnessing an excellent spectacle in which bees would also like to participate. But what’s the idea of setting up near a crowd? I take very few pictures of the show, even without flash, my Canon is not discreet enough.

Et ça continue le lendemain ! Les Royales Marionnettes, « la compagnie qui se la pète », se produit dans la cour de l’école de St-Victor-de-Morestel. Du vieux Mercedes rouge ont été sortis les bancs, le castelet, la vieille valise à accessoires. Le marionnettiste, Didier Balsaux, n’est pas pressé, il invite les gens à approcher, et de toute façon il refusera de commencer sa prestation tant que nous n’aurons pas hurlé assez fort approbations et ovations…
And it continues the next day! Les Royales Marionnettes, « the company that is having a blast », performs in the courtyard of the school of St-Victor-de-Morestel. From the old red Mercedes came the benches, the castle, the old accessory case. The puppeteer, Didier Balsaux, is in no hurry, he invites people to approach, and anyway he will refuse to start his performance until we have shouted approvals and ovations loud enough…

Autant copier ce que dit le site de la compagnie :
Didier grogne quelques mots, empoigne les gamins turbulents et apostrophe les parents mal élevés qui confondent son castelet ambulant avec leur télévision.
Il harangue la foule et installe ses vieilles marionnettes sur la charrette.
« Aujourd’hui la légende de la porte du diable ! Approchez, nos marionnettes font grandir les enfants et rajeunir les vieillards ! Vous n’aurez pas l’air plus bête ici qu’au football ! »
Might as well copy what the company’s website says:
Didier grumbles a few words, grabs the turbulent kids and shouts at the badly brought up parents who confuse his traveling small box with their television.
He harangues the crowd and installs his old puppets on the cart.
« Today the legend of the Devil’s Gate! Come closer, our puppets make children grow and old people rejuvenate! You won’t look any dumber here than in football! »

Parfois il est acteur…
Sometimes he’s an actor…

…parfois il manipule les marionnettes dans un récit terrifiant…
…sometimes he manipulates the puppets into a terrifying tale…

…et bien entendu il a besoin d’un enfant dans l’assistance pour affronter le monstre.
…and of course he needs a child in audience to face the monster.

Nous aurons vu ainsi deux spectacles du festival des Turbulles, mais nous raterons ceux du samedi : ce jour-là, nous recevons Mex accompagné de Raphael à la guitare et Marie sur un magnifique violoncelle.
We will have seen two shows of the Turbulles festival, but we will miss those of Saturday: that day, we receive Mex accompanied by Raphael on guitar and Marie on a magnificent cello.

Rayures verticales (pour mincir) — Vertical stripes (to slim down)
Derniers ajustements, le spectacle va commencer…
Final adjustments, the show is about to begin

Et comme ce fut un week-end très chargé pour nous, qu’à la place de mon blog, j’ai bavardé avec le public, et j’ai même fait un peu de ménage après le départ de la quarantaine de visiteurs… je vous en dirai plus un jour bientôt…
And since it was a very busy weekend for us, that instead of my blog, I chatted with the public, and I even did some cleaning after the departure of the quarantine of visitors… I I’ll tell you more one day soon…

À rayures ET à pois bleus… — With stripes AND blue dots…

Cliquez sur les nuages pour les voir ÉNORMES !
Click on the clouds to see them HUGE!

Philosophie et quotidien

Des photos du sud de l’Ardèche — Photos from South of Ardèche

J’ai été élevée dans une ambiance raciste de bon aloi. Je veux dire qu’il ne s’agissait pas de Ku Klux Klan, mais de la certitude que l’on m’avait inculquée de l’infériorité des Noirs. Je veux dire que cela semblait tellement naturel, évident, comme l’infériorité des femmes ou des personnes handicapées ! Et ce ne sont pas les stupidités de la comtesse de Ségur qui m’auraient ouvert l’esprit !
Si j’ai horreur de me rappeler que j’ai pu penser comme cela, je comprends aisément comment l’arrogance et l’ignorance du Blanc l’ont poussé à « civiliser » les peuples « sauvages » d’Afrique. Comment les invasions européennes ont pu déferler sur le continent. Comment le petit enfant de là-bas, une fois scolarisé, répétait docilement « nos ancêtres les Gaulois ».
I I’ve been raised in a healthy racist environment. I mean it wasn’t about the Ku Klux Klan, it was about the certainty I had been instilled in of the inferiority of Black People. I mean it seemed so natural, obvious, like the inferiority of women or disabled people! And it wasn’t the Comtesse de Ségur’s stupidities that would have opened my mind!
If I hate to remember that I could think like that, I easily understand how the arrogance and ignorance of the White Man pushed him to « civilize » the « savage » peoples of Africa. How European invasions were able to sweep across the continent. How the little child over there, once schooled, obediently repeated « our ancestors the Gauls ».

cistus albidus

Je ne résiste pas au plaisir de recopier la présentation que fait Babélio du livre de François Reynaert : « nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises » :
« Nous avons tous appris un jour que Clovis était le premier des rois de France. Qui sait qu’en Allemagne, il est considéré comme un roi allemand ? De Saint Louis, on garde l’image d’un grand souverain, rendant la justice sous son chêne. On ignore qu’il imposa aux Juifs de porter l’équivalent de l’étoile jaune. Jeanne d’Arc est la grande héroïne du Moyen Âge. Pourquoi a-t-on oublié toutes les autres ? »
I can’t resist the pleasure of copying Babelio’s presentation of François Reynaert’s book: « nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises », « our ancestors the Gauls and other nonsense »:
« We all learned one day that Clovis was the first of the kings of France. Who knows that in Germany he is considered a German king? From Saint Louis, we keep the image of a great sovereign, dispensing justice under his oak tree. It is not known that he required Jews to wear the equivalent of the yellow star. Joan of Arc is the great heroine of the Middle Ages. Why have we forgotten all the others? »

L’Afrique est immense, son histoire est complexe et je n’en connais pour ainsi dire rien. La première guerre mondiale a été l’occasion d’aller chercher de la chair à canon dans des régions « françaises ».
La langue « petit nègre », créée au milieu du dix-neuvième siècle, s’est alors montrée très utile pour transmettre des ordres simples à des personnes d’ethnies diverses parlant des langues diverses.
Africa is huge, its history is complex and I know virtually nothing about it. The First World War was an opportunity to go for cannon fodder in « French » regions.
The « little nigger » language (« petit nègre », pidgin), created in the mid-nineteenth century, then proved to be very useful for transmitting simple commands to people of various ethnicities speaking various languages.

« Selon la linguiste Laélia Véron, » nous dit Wikipédia « le français dit “petit nègre” est issu d’une idéologie coloniale et visait en fait à “enseigner un sous-français à des personnes auxquelles on ne voulait pas donner la citoyenneté française”. »
« According to linguist Laélia Véron, » Wikipedia tells us, « the so-called “petit nègre’” French came from a colonial ideology and was actually intended to “teach a sub-French to people to whom we did not want to give French citizenship”. »

En Afrique, on ne voyait jamais de Blancs malades, puisque dans ce cas ils étaient rapatriés. Beaucoup d’Africains on cru que nous étions des Dieux… Jusqu’au jour où ils sont venus se battre en France. Ont découvert la misère. Ont vu à leurs côtés d’autres pauvres poilus, blessés comme eux, mourant comme eux.
In Africa, they never saw sick White Men, since in this case they were repatriated. Many Africans believed that we were Gods… Until the day they came to fight in France. They discovered misery. They saw other poor « poilus » alongside them, wounded like them, dying like them.

« La Dame de onze heures »

Tout cela se bouscule dans ma tête quand mon père me parle de la candidature de madame Taubira : il n’aimerait pas qu’un.e basané.e devienne président.e de la république française dit-il. Que Christiane Taubira soit née en Guyane ne change rien à l’affaire.
All this jostles in my head when my father tells me about the candidacy of Madame Taubira: he would not like a swarthy person to become president of the French republic, he says. Christiane Taubira being born in Guyana does not change the matter.

Fleur de noyer — walnut blossom

Que dire à un homme âgé de 95 ans ? Que tout ce qui touche de près ou de loin à l’Afrique est traité avec condescendance ? Que c’est vil de ne pas accorder la même considération aux êtres humains à cause de leur apparence ? Que si c’est pour refuser à madame Taubira ses chances en France, alors il ne fallait pas se mêler des affaires des Africains ?
What to say to a 95 year old man? That everything related directly or indirectly to Africa is treated with condescension? That it is vile not to give equal consideration to human beings because of their appearance? That if it is to deny Madame Taubira her chances in France, then one should not meddle in the affairs of Africans?

Fleur de chêne — Oak blossom

Je ravale ma colère et je dis à papa que je souhaite photographier Djilluli : mon grand-père, combattant de 14/18, a peint ce portrait. À quoi pouvait bien penser cet homme, ce 22 février 1917 ? Dans quelle langue ? A-t-il survécu jusqu’à la fin des combats, a-t-il pu retourner chez lui ? Dans le contexte de la guerre, je suis persuadée qu’il n’était pas français de souche.
« Djilluli dit Blanchette en sentinelle au poste de police – Paars (Aisne) 22 février 1917 (9 heures) »
I swallow my anger and tell dad that I want to photograph Djilluli: my grandfather, a 14/18 fighter, painted this portrait. What could this man be thinking, this February 22, 1917? In what language? Did he survive until the fighting was over, was he able to return home? I am convinced that he was not of French origin because of the context of the war.
« Djilluli called Blanchette (The White) on sentry duty at the police station – Paars (Department of Aisne) February 22, 1917 (9 a.m.) »

Cette visite à mon père n’a pas été en permanence sous tension, heureusement. Chaque fois que je vais le voir, je lui demande où il souhaiterait aller, puisqu’il ne peut plus se déplacer seul. Alors il propose de tenter l’aventure du platane : quand j’étais petite, nous avons campé là si souvent ! Parfois nous étions les seuls, parfois d’autres promeneurs profitaient du bord de l’eau.
This visit to my father was not permanently under tension, fortunately. Every time I go to see him, I ask him where he would like to go, since he can no longer move on his own. So he suggests trying the adventure of the plane tree: when I was young, we camped there so often! Sometimes we were the only ones, sometimes other walkers were enjoying the waterfront.

Au fond, Aiguèze — At the bottom, Aiguèze

La balade est une épreuve difficile pour lui. Quand on n’y voit presque rien, marcher dans les cailloux est pénible et dangereux.
The walk is a difficult test for him. When you can hardly see anything, walking in the stones is painful and dangerous.

Comme deux yeux vigilants au pied de la falaise, ces deux abris sous roche ont toujours été mon repère.
Like two watchful eyes at the foot of the cliff, these two rock shelters have always been my landmark.

Nous arrivons finalement à destination, sans nous presser. J’ai toujours connu ce platane, je suis étonnée qu’il ne soit pas plus imposant. Sa forme est bizarre, il a dû être taillé sévèrement. Autrefois je bâtissais des châteaux de sable à son pied, le sable a été emporté par l’érosion.
We finally arrive at our destination, without hurrying. I have always known this plane tree, I am surprised that it is not more imposing. Its shape is odd, it had to be sharply pruned. I used to build sand castles at its foot, the sand has been washed away by erosion.

Un autre jour, nous retournons explorer le bois du Laoul où je suis déjà venue avec lui une autre année dans l’espoir de trouver des pivoines : nous n’en avions pas vu une seule. Aujourd’hui, je ne trouve rien dans un premier temps, et nous explorons les abords de la chapelle de Chalon avec ses vieux chênes imposants. Quand nous repartons, je vois la première pivoine, et à partir de ce moment-là j’en trouve des quantités ! En plus des sceaux de Salomon et d’un narcisse perdu tout seul sur le bord du chemin, les pivoines abondent. Un promeneur nous indique un endroit où elles sont innombrables : ce chemin-là n’est pas pour nous mais nous sommes contents de leur présence, tout en nous demandant comment ces « pæonia peregrina » se sont installées ici.
Another day, we return to explore the Bois du Laoul where I have already come with him another year in the hope of finding peonies: we had not seen a single one. Today, I find nothing at first, and we explore the surroundings of the chapel of Chalon with its old imposing oaks. When we leave, I see the first peony, and from then on I find lots of them! In addition to Polygonatum odoratum and a narcissus lost all alone on the side of the road, peonies abound. A walker tells us a place where they are innumerable: this path is not for us but we are happy with their presence, while wondering how these « pæonia peregrina » settled here.

Fleur de chêne — Oak blossom
Sceau de Salomon Polygonatum odoratum

Je n’ai pas respecté la chronologie pour vous faire le récit de mes palpitantes aventures. Fin mars, après avoir longuement réfléchi, cherché des informations et même téléphoné, Paul était prêt pour une expédition à Lyon. Au lieu de prendre les transports en commun comme d’habitude, nous nous sommes garés dans le quartier de la Croix-Rousse au plus près de notre destination. C’est là que Paul avait acheté son accordéon il y a une quinzaine d’années. Il est toujours content de son Maugein, mais celui-ci n’a que deux rangées de notes à main droite. Ce qui est parfait pour un débutant et pour un certain style de musique est devenu insuffisant parfois, par exemple pour m’accompagner quand je chante. Nous sommes donc allés regarder de près un Castagnari, « la rolls des accordéons » nous a dit le vendeur. Paul avait eu tout le temps nécessaire pour savoir très exactement ce qu’il lui fallait. Le Castagnari est un peu plus gros donc un peu plus lourd que le Maugein, mais il correspond à ce dont Paul a besoin. Il n’a pas hésité longtemps, nous sommes partis avec son trésor…
I did not respect the chronology to tell you the story of my thrilling adventures. At the end of March, after having thought for a long time, sought information and even telephoned, Paul was ready for an expedition to Lyon. Instead of taking public transport as usual, we parked in the Croix-Rousse district closest to our destination. This is where Paul bought his accordion about fifteen years ago. He is still satisfied with his Maugein, but this one has only two rows of notes on the right hand. What is perfect for a beginner and for a certain style of music has sometimes become insufficient, for example to accompany me when I sing. So we went to have a close look at a Castagnari, « the Rolls of accordions » the salesman told us. Paul had had plenty of time to know exactly what he needed. The Castagnari is a little bigger and therefore a little heavier than the Maugein, but it corresponds to what Paul needs. He didn’t hesitate long, we left with his treasure…

Nous avions la voiture pour éviter de transporter l’accordéon dans le métro. J’appréhendais ces trajets en ville mais je préférais que Paul me guide, plutôt que d’avoir à le guider moi-même. À ma grande surprise, circuler dans le centre de Lyon a été une partie de plaisir, tout s’est très bien passé.
We had the car to avoid transporting the accordion in the metro. I dreaded these trips in town but I preferred that Paul guide me, rather than having to guide him myself. To my great surprise, driving around the center of Lyon was a lot of fun, everything went very well.

Cela va faire un mois et Paul a bien apprivoisé ce bel instrument. Nos moments musicaux ne sont pas intéressants à raconter, mais nous sommes restés bien assidus. Nous travaillons chant et accompagnement chaque jour et quand je ne suis pas là, Paul travaille autrement.
It’s been a month and Paul has tamed this beautiful instrument. Our musical moments are not interesting to tell, but we remained very assiduous. We work on vocals and accompaniment every day and when I’m not there, Paul works differently.

Nous avons rencontré un autre accordéon. Celui qui en joue, c’est François Gaillard. Pendant qu’il joue et qu’il chante, sa compagne, Marie Bobin, dessine et peint. Ce qu’elle fait est projeté sur un écran et le public assiste en direct à l’élaboration de l’œuvre. J’ai trouvé très amusante la possibilité d’acheter les œuvres, car à la fin du spectacle, elles sont encore fraîches : l’encre et la peinture continuent de couler…
Je vous invite à aller fouiner, écouter, regarder les richesses de leur beau site. Marie organise aussi des stages de dessin. Et comme ce sont des vadrouilleurs dans l’âme, le spectacle s’appelle « Tracer la route. »
We encountered another accordion. The one who plays is François Gaillard. While he plays and sings, his companion, Marie Bobin, draws and paints. What she does is projected on a screen and the public witnesses the development of the work live. I found the possibility of buying the works very amusing, because at the end of the show, they are still fresh: the ink and the paint continue to flow…
I invite you to browse, listen, look at the riches of their beautiful site. Marie also organizes drawing courses. And since they are wanderers at heart, the show is called « Tracer la route. »

Du site http://www.tracerlaroute.com/

Je n’ai pas voulu empêcher les spectateurs enthousiastes de se manifester, j’ai essayé d’être brève, et François a tout de suite donné son accord pour passer le lendemain visiter les lieux dans l’idée que tous deux viennent se produire un soir dans le parc. Le lendemain, la visite les a enthousiasmés. Des idées folles ont commencé à jaillir. Certes, notre programme de spectacles est déjà bouclé pour l’année en cours, mais nous espérons très fort mitonner ensemble un projet délirant.
I didn’t want to prevent the enthusiastic spectators from showing up, I tried to be brief, and François immediately gave his agreement to come the next day to visit the place with the idea that the two of them would come to perform one evening in the park. The next day, the visit thrilled them. Crazy ideas started popping up. Admittedly, our program of shows is already completed for the current year, but we very much hope to cook up a delirious project together.

Leur livre — Their book

Je termine avec quelques mots au sujet de Séb dont les projets se précisent. Il lance une levée de fonds pour éditer son quatrième roman, je l’encourage avec enthousiasme. C’est l’occasion de me replonger dans ce beau texte. Pour vous, c’est la possibilité d’en lire le début et de participer si cela vous intéresse.
J’aime beaucoup son style d’écriture, il plonge au plus profond de l’âme et on peut se laisser emporter.
I will end with a few words about Séb, whose projects are taking shape. He is launching a fundraiser to publish his fourth novel, I encourage him enthusiastically. This is an opportunity to immerse myself in this beautiful text. For you, it’s the opportunity to read the beginning and participate if you’re interested.
I really like his style of writing, it dives deep into the soul and you can get carried away.

Lire après Lure

Il m’arrive d’acheter un livre parce qu’il m’éblouit, parce qu’il semble me donner des clés importantes, parce qu’il stimule ma réflexion par une analyse originale. Ce qui me capte dans une librairie, ce sont les ouvrages qui m’expliquent le monde : alors, feuilletant ci feuilletant ça, j’ai le porte-monnaie qui me démange entre sociologie, politique ou jardinage, autobiographies ou biographies, petits essais abscons ou thèses consistantes et si je laisse faire, je rapporte un lourd butin.
Sometimes I buy a book because it dazzles me, because it seems to give me important keys, because it stimulates my thinking through an original analysis. What captivates me in a bookstore are the books that explain the world to me: so, leafing through this leafing through that, my wallet is itching between sociology, politics or gardening, autobiographies or biographies, little abstruse essays or consistent theses and if I let it go, I bring back a heavy booty.

Malheureusement, il me manque souvent une formation intellectuelle pour capter le message, après tout quand j’ai commencé à étudier la philo au lycée, je n’y ai rien compris. Comme ces idéogrammes écrits avec de l’eau, l’idée exprimée s’évapore trop vite pour faire sens avec la suite. Voilà un livre auquel je n’ai pas accès. C’est décourageant, comme quand Gandalf ne réussit pas à ouvrir la porte de la Moria, faute de connaître la formule magique.
Unfortunately, I often lack an intellectual formation to capture the message, after all when I started studying philosophy in high school, I didn’t understand anything. Like these ideograms written with water, the idea expressed evaporates too quickly to make sense with what follows. This is a book I don’t have access to. It’s disheartening, like when Gandalf couldn’t open the door to Moria, because he didn’t know the magic formula.
Comment suivre un raisonnement quand la parole est touffue, quand le texte est si dense que je m’y perds ? Comment digérer ce que je lis, en faire ma propre substance ?
How do I follow a reasoning when the speech is thick, when the text is so dense that I get lost in it? How do I digest what I read, make it my own stuff?

J’ai élaboré ma propre formule magique : étrange peut-être, mais elle fonctionne. Je prends le livre à la première page, je choisis une sorte de mot-clé, et, sacrilège, je l’entoure au crayon ! Il peut s’agir d’un mot très simple, même d’une préposition, parfois une négation me suffit. Je m’installe dans la page, j’entoure quelques mots, je les relis (et ils se relient), et cette fois la page a du sens. Je peux même la réécrire à ma façon : « Si nous en étions restés au regret du “c’était mieux avant”, l’humanité en serait encore à la préhistoire. Les humains ont peur du changement, mais ceux-ci se produisent, et même de plus en plus vite. Des penseurs sans formation scientifique prédisent le pire sans tenir compte de tout ce qui s’est déjà produit par le passé, y compris les catastrophes. Ce livre propose une approche scientifique pour remettre les choses à leur place, et que l’on en arrive à une gestion raisonnable des phénomènes sociétaux. » (Je souligne quand je cite exactement l’auteur.)
I have devised my own magic formula: strange perhaps, but it works. I take the book to the first page, I choose some kind of keyword, and, sacrilege, I circle it with a pencil! It can be a very simple word, even a preposition, sometimes a negation is enough for me. I settle into the page, circle a few words, reread them (and they connect), – in French it’s a joke: je les relis (et ils se relient) – and this time the page makes sense. I can even rewrite it in my own way: « If we had remained with the regret of “it was better before”, humanity would still be in prehistory. Humans are afraid of change, but change is happening, and even faster. Thinkers without scientific training predict the worst without taking into account everything that has happened in the past, including disasters. This book offers a scientific approach to put things in their place, and to arrive at a reasonable management of societal phenomena. » (I underline when quoting the author.)

Ils travaillent pendant que je lis !
They work while I read!

Je commence à m’y retrouver. Je réussis ainsi à saisir l’introduction de « Arrêtons d’avoir peur – la science vous aide à y voir plus clair » écrit par le professeur Didier Raoult. Le personnage, très médiatisé, a peut-être un ego surdimensionné, sa réputation est très particulière, mais je trouve intéressante sa pensée, et si j’arrive à la saisir, je pourrai mettre en marche dans ma tête la machine-à-réfléchir qui ne demande que ça.
I’m starting to find myself there. I thus managed to grasp the introduction to « Arrêtons d’avoir peur – la science vous aide à y voir plus clair » « Let’s stop being afraid – science helps you see more clearly » written by Professor Didier Raoult. The character, very publicized, may have an oversized ego, his reputation is very particular, but I find his thought interesting, and if I manage to grasp it, I will be able to start the thinking-machine in my head who only asks for that.

Parenthèse sur une idée qui génère mes plus grandes inquiétudes. Quand Didier Raoult écrit « Nous n’avons pas les moyens de gérer l’avenir » je lui donne raison, mais alors… qu’en est-il de l’industrie nucléaire, comment convaincre nos descendants de gérer correctement les saloperies que nous leur laissons en héritage, les centrales et leurs tonnes de déchets toxiques ? Comment les former à cela ?
« Nous sommes à l’aube de découvertes exceptionnelles » poursuit ce scientifique. C’est pour cela qu’il croit que la science résoudra tous les problèmes : parce que c’est un chercheur avec un solide bagage et la connaissance précise des découvertes en question. Il « suffit » (ça, c’est moi qui le dis) que la science ait les moyens matériels d’avancer. Il « suffit » de ne pas porter au pouvoir des personnes à l’intelligence formatée par les banques, incapables de voir où sont les vrais problèmes. Cependant l’industrie nucléaire pourrait bien générer des problèmes insolubles, et ça, c’est encore moi qui le dis, mais je ne suis pas la seule à le penser !
Parenthesis on an idea that generates my greatest concerns. When Didier Raoult writes « We don’t have the means to manage the future » I agree with him, but then… what about the nuclear industry, how do we convince our descendants to properly manage the crap we leave them as a legacy, the power plants and their tons of toxic waste? How do you train them for this?
« We are at the dawn of exceptional discoveries » continues this scientist. This is why he believes that science will solve all problems: because he is a researcher with a solid background and precise knowledge of the discoveries in question. It is « enough » (that’s me saying) that science has the material means to advance. It is « enough » not to bring to power people with bank-trained intelligence who cannot see where the real problems are. However the nuclear industry could well generate insoluble problems, and that, it is again me who says it, but I am not the only one to think it!

De toute façon, ce livre permet un autre regard sur le monde. Il s’attaque aux idées reçues et fournit une foule d’exemples. J’apprécie toujours les idées éloignées de la « pensée unique ».
Anyway, this book allows another view of the world. He tackles common belief and provides a host of examples. I always appreciate ideas away from « one-size-fits-all thinking ».

Un autre ouvrage attend que je le lise pendant l’hiver – avez-vous remarqué que le printemps est là ?J’arrêterai d’avoir peur plus tard car il s’agit du livre « les soins naturels aux arbres » d’Éric Petiot aux éditions du Terran. Si je veux passer mon diplôme de sorcière, je ne peux plus remettre à demain ce que personne ne voudra faire à ma place après-demain : j’aimerais apprendre à fabriquer les substances qui feront du bien aux plantes du parc et du jardin. Autant suivre une formation sérieuse, et la publication d’Éric Petiot peut me le permettre. Si je l’étudie au lieu de passer mes journées sur mon blog, bien entendu…
Another book is waiting for me to read it during the winter – have you noticed that spring is here? I’ll stop being afraid later because it’s the book « natural tree care » « les soins naturels aux arbres » by Eric Petiot published by Terran. If I want to graduate as a witch, I can’t put off until tomorrow what no one will want to do for me the day after tomorrow: I’d like to learn how to make substances that will benefit the plants in the park and garden. I might as well follow a serious training, and the publication of Éric Petiot can allow me to do so. If I study it instead of spending my days on my blog, of course…

Dès les premières pages, l’historique des modes de traitement est passionnant : savez-vous que le premier cas de résistance d’insectes aux insecticides a été signalé déjà en 1914 ? Par ailleurs, des firmes comme Rhône-Poulenc n’ont pas pratiqué une autre forme de résistance face au Reich, « y compris au détriment des juifs évincés » précise l’auteur. Je savais déjà que Rhône-Poulenc, Bayer et tant d’autres s’étaient enrichis par la guerre de façon inconcevable. L’historienne Annie Lacroix-Riz n’a trouvé nulle part de trace de contrainte. La question de la résistance conclut-elle, « ne s’est jamais vraiment posée aux dirigeants de la finance et de l’industrie (…), elle était aberrante, étrangère à leurs préoccupations (…), la résistance est restée longtemps pour eux absurde et sans objet ».
From the first pages, the history of treatment methods is fascinating: did you know that the first case of insect resistance to insecticides was reported already in 1914? Moreover, firms like Rhône-Poulenc did not practice any other form of resistance against the Reich, « including to the detriment of the ousted Jews », specifies the author. I already knew that Rhône-Poulenc, Bayer and so many others had enriched themselves by the war in an inconceivable way. Historian Annie Lacroix-Riz found no trace of coercion anywhere. The question of resistance, she concludes, « never really arose for the leaders of finance and industry (…), it was aberrant, foreign to their concerns (…), the resistance remained for a long time for them absurd and pointless ».

Tu poses si tu as quelque chose à poser, tu prends ce qui t’intéresse.
You put if you have something to put, you take what interests you.

Bon, j’apprécie de trouver ces informations dans un livre technique. Il a de plus une présentation belle et efficace avec de nombreux encadrés et des bandeaux, par exemple productrice de roténone qui facilitent la lecture (tiens, c’est un peu pareil quand j’encadre un mot…!). Les illustrations sont utiles. Et j’ai mis longtemps à remarquer la petite chenille qui court sur le cadre !
Well, I appreciate finding this information in a technical book. It also has a beautiful and effective presentation with many frames and banners, for example productrice de roténone (rotenone producer) which facilitates reading (hey, it’s a bit the same when I frame a word…!). Illustrations are helpful. And it took me a long time to notice the little caterpillar running across the frame!

Mais je prends conscience seulement maintenant que quand nous parlons d’agriculture conventionnelle, il ne s’agit pas, mais alors pas du tout, des pratiques ancestrales. L’usage des produits chimiques est récent, l’agriculture conventionnelle a connu un essor fulgurant au début du vingtième siècle. Les pratiques modernes n’ont rien de traditionnel. L’agriculture biologique cherche à retrouver le savoir qui s’est perdu, et à le développer à l’aide d’analyses ou d’observations.
But I am only now realizing that when we talk about conventional agriculture, we are not talking about ancestral practices, not at all. The use of chemicals is recent, conventional agriculture experienced a dazzling rise at the beginning of the twentieth century. Modern practices are not traditional. Organic farming seeks to recover the knowledge that has been lost, and to develop it using analyzes or observations.

J’allais vous faire un cours complet sur l’agriculture mais je vois déjà Paul me faire les gros yeux, lui qui a noté la brièveté de ma page de la semaine dernière… Trop long, trop court… c’est toujours trop… Je ferai mieux de reprendre ma lecture interrompue.
Il n’y a pas vraiment de lien entre mon texte et mes photos. Vous avez pu voir celles de la dernière journée avec le broyeur, avec l’aide des habitués et des nouveaux… Un gros travail fatigant, encore une fois, mais nous étions 8 et à midi nous avions terminé ! Merci encore une fois à Lolo, Jean-Pierre et Chantal, merci à Jérôme, Yves et Karine. On a passé une belle journée avec vous tous !
I was going to give you a complete course on agriculture but I can already see Paul making big eyes at me, he who noted the brevity of my page last week… Too long, too short… it’s always too much… I better resume my interrupted reading.
There is not really a link between my text and my photos. You could see the ones from the last day with the grinder, with the help of regulars and new ones… A lot of tiring work, again, but there were 8 of us and by noon we were done! Thanks once again to Lolo, Jean-Pierre and Chantal, thanks to Jérôme, Yves and Karine. We had a great day with you all!

Vous avez pu voir aussi la rencontre à Lhuis de jardiniers, dans une ambiance vraiment sympathique. Tu poses ce que tu as apporté, tu prends ce qui t’intéresse. Il n’est même pas nécessaire de faire la moindre tractation, c’est à disposition. Nous avons écouté la chorale avec Soizic et Gauthier…
You could also see the meeting at Lhuis of gardeners, in a really friendly atmosphere. You put down what you brought, you take what interests you. It is not even necessary to make the slightest negotiation, it is available. We listened to the choir with Soizic est Gauthier…

Sous la couverture, le bébé !
Under the blanket, the baby!

…et Esther dans une formation musicale.
…and Esther in a musical formation.

Je ne serai pas là la semaine prochaine, je crois que je vous retrouve le 26 avril.
I won’t be there next week, I think I’ll meet you on April 26th.