Rome en graphiques, atrocités variées – various atrocities

Comme tout le monde j’imagine, je trouve que la chaleur et la sécheresse ont assez duré. Finalement, rien ne vaut un bon bouquin pour s’évader. Attention, ça ne va pas toujours être drôle.
Like everyone I imagine, I think the heat and drought have lasted long enough. Finally, nothing beats a good book to escape. Careful, it’s not always going to be funny.

Je commence par un roman graphique très beau mais trop douloureux pour que je puisse l’ouvrir à nouveau : Grand Silence, de Théa Rojzman, dessins de Sandrine Revel. Il s’agit de pédophilie dans un monde différent du nôtre, et où le silence est de rigueur. Quand un enfant est violé, sa tête se détache de ses épaules et se pose à côté. Une idée parmi d’autres, tout aussi excellentes, pour faire passer le message. Car le message de Théa Rojzman est clair, il faut que finisse le silence, aussi bien dans ce monde fictif que dans notre monde à nous bien entendu.
I start with a graphic novel that is very beautiful but too painful for me to open again: Grand Silence, by Théa Rojzman, drawings by Sandrine Revel. It is about pedophilia in a world different from ours, and where silence is obligatory. When a child is raped, his head comes off his shoulders and lays next to him. One idea among others, equally excellent, to get the message across. Because Théa Rojzman’s message is clear, the silence must end, both in this fictional world and in our own world of course.

« J’aurais pu parler de moi » dit-elle en post-face. « (…) Nous sommes tellement nombreux (…). J’aurais pu aussi raconter l’histoire d’un de mes agresseurs, qui s’est suicidé plus tard. Je pense aujourd’hui qu’il avait été lui aussi victime (…). »
« I could have talked about me, » she says in an afterword. « (…) We are so many (…). I could also have told the story of one of my attackers, who later committed suicide. I think today that he had also been a victim (…). »

Alors elle a cherché de quelle façon faire éclater le silence qui pèse le plus souvent sur les scènes de violence. Elle veut que ce problème devienne une priorité. Il « est collectif (…) Ce problème impacte toute notre société. » D’une part car les victimes sont très nombreuses, d’autres part car elles deviennent fréquemment bourreaux elles aussi. Ce livre fait partie des ouvrages très beaux qu’on ne peut poser avant de l’avoir lu tout entier, avec, je me répète, beaucoup beaucoup d’idées originales.
So she looked for a way to break the silence that most often weighs on scenes of violence. She wants this problem to become a priority. It « is collective (…) This problem impacts our whole society. » On the one hand because the victims are very numerous, on the other hand because they too frequently become executioners. This book is one of the very beautiful works that you cannot put down until you have read it all, with, I repeat, many many original ideas.

glycine et bignone – wisteria and Campsis radicans

Pour conclure sur le sujet, je connais plusieurs personnes qui ont été victimes de viol, ou dont un(e) proche a été victime : cela confirme qu’à défaut d’être banal, ce qu’il ne sera jamais !, ce crime reste fréquent. Et pas assez dénoncé. C’est terrible à dire, mais chacun d’entre vous connaît forcément une ou plusieurs victimes, et vous le savez, ou bien vous l’ignorez.
To conclude on the subject, I know several people who have been victims of rape, or whose loved one has been the victim: this confirms that, if not banal, which it will never be!, this crime remains frequent. And not denounced enough. It’s terrible to say, but each of you necessarily knows one or more victims, and you know it, or you don’t know it.

Encore un très beau roman graphique, il faut bien justifier mon titre idiot. Le droit du sol – journal d’un vertige, d’Étienne Davodeau. L’auteur a pris la route sac au dos, pour parcourir à pied les huit cents kilomètres entre la grotte de Pech Merle et Bure, dans la Meuse. Il relie ainsi « deux traces, laissées par des sapiens à d’autres sapiens. » « Sous le sol de Pech Merle, il y a des milliers d’années, des sapiens ont laissé à leurs descendants des souvenirs admirables. Sous le sol de Bure, en ce moment, d’autres sapiens – et d’une certaine manière les mêmes sapiens – envisagent d’enterrer des déchets nucléaires dont certains resteront dangereux pendant des milliers d’années. »
Another very beautiful graphic novel, it is necessary well to justify my idiotic title. Le droit du sol – journal d’un vertige, by Étienne Davodeau. The author took the road backpack, to walk the eight hundred kilometers between the cave of Pech Merle and Bure, in the Meuse. He thus connects « two traces, left by sapiens to other sapiens. » « Under the soil of Pech Merle, thousands of years ago, sapiens left their descendants with wonderful memories. Beneath the soil of Bure, at the moment, other sapiens – and in a way the same sapiens – are planning to bury nuclear waste, some of which will remain dangerous for thousands of years. »

« Ce récit, au fond, c’est une tentative d’évoquer notre absolue dépendance à cette planète et à son sol. » Habitué à marcher, Davodeau vit une expérience particulière car cette randonné est due au projet de livre. Le livre s’écrit pendant que les kilomètres défilent, à coup de rencontres réelles ou décalées dans le temps comme il l’explique. Une de ces personnes lui dit que le responsable des changements climatiques n’est pas nécessairement l’homme, c’est le capitalisme.
« This story, at its core, is an attempt to evoke our absolute dependence on this planet and its soil. » Accustomed to walking, Davodeau lives a particular experience because this hike is due to the book project. The book is written as the miles go by, with real or time-shifted encounters as he explains. One of these people tells him that the cause of climate change is not necessarily man, it is capitalism.

rose trémière — Hollyhock

Même si tout le bouquin présente un fort grand intérêt, le « gros morceau », bien sûr c’est le site d’enfouissement de Bure, étudié même sous l’angle de la psychanalyse : « L’enfouissement est-ce que ça n’est pas assimilable à du refoulement ? Et depuis Sigmund, on le sait avec certitude, le refoulé remonte toujours. »
Even if the whole book is of great interest, the « big piece », of course, is Bure’s burial site, interpreted even from the angle of psychoanalysis: « Burying isn’t it assimilable to repression? And since Sigmund, we know with certainty, the repressed always comes back. »

Bernard Laponche, ingénieur au commissariat à l’énergie atomique, est devenu un des opposants les plus déterminés à l’énergie nucléaire. Il évoque les déchets de « faible activité » « déjà stockés de façon définitive dans des sites particuliers (…). Ils devront être surveillés et contrôlés au moins trois cents ans (…). » Or, dans le site d’enfouissement, « une puissante ventilation ne devra jamais s’arrêter pendant au moins cent cinquante ans. » Quelques pages plus loin intervient Valérie Brunetière, sémiologue, qui tente de répondre à la question « Comment signaler aux sapiens qui vivront sur notre territoire dans les prochains siècles que nous leur avons laissé ce cadeau maléfique sous l’actuel Bois le Juc ? » « C’est très compliqué ! » dit-elle. « Une langue se transforme tellement en quelques centaines d’années que deux personnes, imaginons, qui pourraient communiquer à 500 ans d’intervalle auraient de sacrés risques de ne pas du tout se comprendre ! »
Bernard Laponche, an engineer at the Atomic Energy Commission, has become one of the most determined opponents of nuclear energy. He mentions the « low level » waste « already permanently stored in specific sites (…). They will have to be monitored and controlled for at least three hundred years (…). » Now, in the burial site, « powerful ventilation must never stop for at least one hundred and fifty years. » A few pages later intervenes Valérie Brunetière, semiologist, who tries to answer the question « How to signal to the sapiens who will live on our territory in the coming centuries that we have left them this evil gift under the current Bois le Juc? » « It’s very complicated ! » she says. « A language changes so much in a few hundred years that two people, let’s imagine, who could communicate 500 years apart would have a hell of a chance of not understanding each other at all! »

Nos lointains descendants auront besoin d’information, le livre aborde le problème de sa conservation : le numérique, trop compliqué, trop fragile… Alors le papier ? Eh bien ce serait l’idéal, mais le papier ne dure pas éternellement.
Our distant descendants will need information, the book addresses the problem of its conservation: digital, too complicated, too fragile… So paper? Well that would be ideal, but paper doesn’t last forever.

Les deux cents pages (et plus) de cet album sont bourrées d’informations vérifiées à chaque fois et dont la source est indiquée. Je n’ai pas tout relu, je crois bien que quelque part, Davodeau assume le fait de ne pas avoir donné la parole aux pro-nucléaires : ces gens-là ont accès aux médias bien plus que nécessaire pour débiter leurs salades, je suis contente de ne pas les avoir trop croisés dans ces pages déjà pas rassurantes pour notre avenir.
The two hundred pages (and more) of this album are stuffed with information that is verified each time and whose source is indicated. I haven’t reread everything, I believe that somewhere, Davodeau assumes the fact of not having given the floor to the pro-nuclear: these people have access to the media much more than necessary to spin the tales, I am happy not to have come across them too much in these already not reassuring pages for our future.

Je suis tombée sur Mythes et meufs de Blanche Sabbah, et cinq minutes après, dans la même librairie, sur Et à la fin ils meurent – la salle vérité sur les contes de fées de Lou Lubie. Un régal, l’un comme l’autre.
I came across Mythes et meufs (myths and girls) by Blanche Sabbah, and five minutes later, in the same bookstore, I came across Et à la fin ils meurent – la salle vérité sur les contes de fées (And at the End They Die – the truth room about fairy tales) by Lou Lubie. A treat, one like the other.

Today, if we were to make a modern portrait of Daphne, it would surely look like this.

En 21 épisodes, Blanche Sabbah analyse et revisite nos héroïnes passées et présentes à la lumière des nouvelles pensées féministes, nous dit la quatrième de couv’, et c’est une excellente présentation. L’auteure évoque les « femmes emmenées et épousées sans leur consentement. »
Et ce n’est pas ce qui manque !

Les mythes sont surtout ce qu’on décide d’en faire, dit-elle. Elle note que les femmes modifient leur aspect, leur langage, leur allure, etc, ou encore changent de chemin pour se protéger, car à toutes les époques le fait d’être une femme génère un danger : c’est la même chose dans le conte et dans la vraie vie. Les contes t’avertissent des dangers qui rodent.
« Tous les contes, finalement, sont des rites de passage qui guident les enfants hors des sentiers tortueux de l’adolescence et vers leur épanouissement. » Blanche Sabbah apprécie que les contes de Disney deviennent moins manichéens. Elle souhaite en finir avec les rouages d’un modèle amoureux obsolète.
In 21 episodes, Blanche Sabbah analyzes and revisits our past and present heroines in the light of new feminist thoughts, the back cover tells us, and it’s an excellent presentation. The author refers to « women taken and married without their consent. » And that’s not what’s missing!
Myths are mostly what you decide to make of them, she says. She notes that women change their appearance, their language, their pace, etc., or even change their path to protect themselves, because in all eras being a woman generates danger: it is the same thing in the world storytelling and in real life. Tales warn you of lurking dangers.
« All stories, ultimately, are rites of passage that guide children out of the twisting paths of adolescence and into fulfillment. » Blanche Sabbah appreciates that Disney’s tales are becoming less Manichean. She wishes to put an end to the cogs of an obsolete love model.

Lou Lubie, de son côté, rappelle que ces histoires ont été affadies, édulcorées, rendues mièvres pour les faire ingurgiter aux enfants.
Saviez-vous que la douce Cendrillon a assassiné sa belle-mère ? Pas la méchante qui a deux filles, mais la précédente, la gentille, celle qui n’apparaît plus dans les contes de Charles Perrault ou des frères Grimm ? Ce crime permet ensuite à la méchante d’exercer un chantage sur Cendrillon, en la menaçant de révéler le meurtre. Basile (Giambattista Basile de Naples, 1566-1632) a repris un conte parti de Chine vers 850. De Chine ? Où la mode consistait à bander les pieds des filles pour qu’elles aient de « beaux » pieds ? Taille idéale : 7.5 cm. L’enjeu du conte ne tient-il pas à une chaussure ? Dans le conte des frères Grimm, chacune des deux sœurs se coupe un morceau de pied pour pouvoir passer la chaussure…
Lou Lubie, for her part, recalls that these stories have been made dull, watered down, made cutesy to make children swallow them.
Did you know that sweet Cinderella murdered her stepmother? Not the villain who has two daughters, but the previous one, the nice one, the one who no longer appears in the tales of Charles Perrault or the Brothers Grimm? This crime then allows the villain to blackmail Cinderella, threatening to reveal the murder. Basil (Giambattista Basile of Naples, 1566-1632) took up a tale that left China around 850. From China? Where was the fashion for bandaging girls’ feet so they had « beautiful » feet? Ideal height: 7.5 cm. Isn’t the stake of the tale a shoe? In the Brothers Grimm’s tale, each of the two sisters cut off a piece of their foot in order to be able to pass the shoe…

Oui, c’est violent, je n’allais quand même pas montrer une scène de sxe ?
Yes, it’s violent, I was still not going to show a sex scene?

J’espère vous en avoir assez dit, même si je pourrais continuer pendant des pages et des pages. Ces deux livres sur les contes sont très différents, chacun bien documenté – on peut parler d’un travail d’universitaire. Ils me donnent envie de lire les différentes versions d’une même histoire, et de chercher par exemple l’histoire de Yeh-Hsien, « l’ancêtre » de Cendrillon, on trouve tout sur internet…
I hope I have told you enough, although I could go on for pages and pages. These two books on the tales are very different, each well documented – one can speak of an academic work. They make me want to read the different versions of the same story, and to search for example the story of Yeh-Hsien, the « ancestor » of Cinderella, you can find everything on the internet…

J’ai fait quelques pas dans le parc, dimanche, malgré la chaleur écrasante, pour faire en quelque sorte un état des lieux et en illustrer ces pages.
I took a few steps in the park on Sunday, despite the crushing heat, to sort of take stock of the situation and illustrate these pages.

oeillet d’Inde — marigold

Je vous retrouve dans deux semaines, ce sera plus simple pour moi : y’aura interro sur les quatre livres que je vous ai présentés… Je l’ai dit au début, ce n’est pas toujours drôle, mais pour moi chacun est incontournable !
I’ll see you in two weeks, it will be easier for me: there will be questions about the four books I presented to you… I said it at the beginning, it’s not always funny, but for me each one is essential !

Sec et chaud

Alors bien sûr on arrose on arrose on arrose…
Arrivés d’Espagne en juillet, Sandra et Miguel aussi ont arrosé, fait des cueillettes et du désherbage, activités rituelles. On leur a demandé de nettoyer et lasurer les barrières, puis il y a eu beaucoup à faire sur le chantier une fois la dalle de béton puis le carrelage en place.
So of course we’re watering, watering, watering…
Arrived from Spain in July, Sandra and Miguel also watered, picked and weeded, ritual activities. We asked them to clean and stain the barriers, then there was a lot to do on the site once the concrete slab and then the tiling were in place.

Leur photo figure sur les pots de confiture, cuvée 2022.
Their photo appears on the jam jars, vintage 2022.

Remontons le temps : à peine Sarclo et Corinne repartis, on a attaqué le chantier de démolition chez Jean-Pierre et Chantal, qui avaient auparavant vidé le rez-de-chaussée. Quand le carrelage a été détruit et tous les gravats enlevés, je me suis demandé pourquoi il y avait d’un côté une dalle de béton bien lisse, travail de professionnel, et une autre du côté du poêle de bien mauvaise facture. C’est comme ça que la mémoire m’est revenue : quand on s’était installés là Paul et moi, on avait quelques tomettes qu’on avait posées sur cet emplacement. Notre poêle était placé plus en avant, sur les tomettes. À l’époque le maçon a coulé une dalle de béton alignée à la hauteur des tomettes, et plus tard, quand nous avons acheté un carrelage pour couvrir toute la surface de la pièce, nous avons enlevé les tomettes et coulé cette moche dalle sur laquelle les chats, le cauchemar des maçons, s’en sont donné à cœur joie. Mais moi j’aime les pattes de chat.
Let’s go back in time: as soon as Sarclo and Corinne left, we attacked the demolition site at Jean-Pierre and Chantal’s, who had previously emptied the ground floor. When the tiles were destroyed and all the rubble removed, I wondered why there was a very smooth concrete slab on one side, professional work, and another on the side of the stove that was very badly made. That’s how my memory came back to me: when we moved there Paul and I, we had a few tomettes that we had put on this location. Our stove was placed further forward, on the tomettes. At the time, the mason poured a concrete slab aligned at the height of the tomettes, and later, when we bought tiles to cover the entire surface of the room, we removed the tomettes and poured this ugly slab on which the cats, the masons’ nightmare, had a blast. But I like cat paws.

 

Jean-Pierre et Chantal nous ont beaucoup aidés avant de partir quelques jours, laissant la place libre. Aidés de Sandra et Miguel, Lolo et Paul ont commencé la longue remise en état.
Jean-Pierre and Chantal helped us a lot before leaving for a few days, leaving the place free. Helped by Sandra and Miguel, Lolo and Paul began the long restoration.

Pendant ce temps, je me casse la tête pour comprendre l’intérêt de préparer plutôt une décoction qu’un purin d’ortie, à base de plantes fraîches ou sèches, et je ne sais plus à quel saint me vouer ! Certaines recettes demandent de faire bouillir les plantes mais au-delà de 80 degrés certains acides sont détruits. Si l’on fait sécher la plante le stress hydrique lui fait augmenter sa teneur en principes actifs, mais la plante fraîche contient de l’eau montante, de l’eau descendante, et même de l’eau sous forme gazeuse ! Ce n’est pas moi qui le dis, moi je vois s’éloigner de plus en plus loin mon diplôme de sorcière.
During this time, I am racking my brains to understand the interest of preparing a decoction rather than nettle manure, made from fresh or dried plants, and I no longer know which saint to devote myself to! Some recipes call for the plants to be boiled, but above 80 degrees certain acids are destroyed. If the plant is dried, water stress causes it to increase its active ingredient content, but the fresh plant contains rising water, falling water, and even water in gaseous form! It’s not me who says it, I see my witch diploma getting further and further away.

Malgré mes difficultés de phytothérapeute du jardin (puisque c’est bien de cela dont il s’agit), celui-ci se porte plutôt bien. Jérôme nous a suggéré d’embaucher l’Homme au Chapeau Noir, dont la vigilance ne se dément jamais. Est-ce à cause de sa présence ? Les trombocine sont opulentes. Cela fait plusieurs années que nous limitons leur invasion avec cette structure en bambous sur laquelle nous leur demandons aimablement de grimper. Si vous souhaitez connaître l’impression que donne l’exploration de la jungle la plus épaisse, faufilez-vous comme vous pouvez entre ces feuilles épaisses et velues.
C’était  moins dense l’année dernière !

Despite my difficulties as a garden herbalist (since that’s what it’s all about), this one, the garden, is doing quite well. Jérôme suggested that we hire the Man with the Black Hat, whose vigilance never fails. Is it because of his presence? Trombocine are opulent. We have been limiting their invasion for several years with this bamboo structure on which we kindly ask them to climb. If you want to know what it feels like to explore the thickest jungle, squeeze as you can between these thick and hairy leaves.
It was less dense last year!

7 août 2021 — August 7, 2021
29 juillet 2022 — July 29, 2022
un mètre de long ?— one meter long?
des fleurs magnifiques — beautiful flowers

On a fêté trois anniversaires sur deux têtes ! Nanath d’abord, puis Lolo, puis les deux ans d’installation de la tiny. La photo du pot de moutarde est loupée, mais il s’agit bien de ce précieux condiment introuvable.
We celebrated three birthdays on two heads! First Nanath, then Lolo, then the two years of installing the tiny. The photo of the pot of mustard is missed, but it is indeed this precious condiment that cannot be found.

Après l’échange de cadeaux, Lolo a sorti sa guitare : surprise, Nanath a appris « tranche de vie » de François Béranger, je peux chanter moi aussi, je connais le texte à peu près par cœur.
Le pot de moutarde est visible de nouveau, avec une couleur plus réaliste.
After the exchange of gifts, Lolo took out his guitar: surprise, Nanath learned « tranche de vie » from François Béranger, I can sing too, I know the text almost by heart.
The mustard pot is visible again, with a more realistic color.

La séance de musique a été mémorable avec en plus de Jacques et Päivi, Manwei, et Sandra et Miguel. Manwei a apporté son violon chinois, un instrument étrange avec un son magnifique. La caisse est minuscule, fermée par une peau de serpent, les cordes sont prises dans l’archet qui ne doit jamais monter mais rester au niveau de la caisse. Alors nous avons demandé à Miguel de tenter sa chance…
The music session was memorable with in addition to Jacques and Päivi, Manwei, and Sandra and Miguel. Manwei brought her Chinese violin, a strange instrument with a beautiful sound. The body is tiny, closed by a snakeskin, the strings are caught in the bow which must never rise but remain at the level of the body. So we asked Miguel to try his luck…

« Qui vole les moteurs des bateaux sur le lac de Paladru ? »
Des fouilles approfondies ont mis à jour une occupation très ancienne des bords du lac de Paladru, à l’époque néolithique. Ce qui fait dire à Philippe que ça dure depuis plus de quatre mille ans et on n’a toujours pas retrouvé les coupables.
« Who steals the engines from the boats on Lake Paladru? »
Extensive excavations have brought to light a very ancient occupation of the shores of Lake Paladru, during the Neolithic period. Which makes Philippe say that it’s been going on for more than four thousand years and we still haven’t found the culprits.

Avant de vous quitter, je propose comme dernier chapitre « vie et mort d’une fleur d’hibiscus ». Le bouton jaune sur la gauche est mort-né. L’année dernière, nous n’avons pas eu de floraison, le gel avait détruit les boutons.
Before leaving you, I propose as a last chapter « life and death of a hibiscus flower ». The yellow bud on the left is stillborn. Last year we had no flowering, the frost had destroyed the buds.

Yaka Faucon*

*Il n’y a qu’à (faire ceci) il faut qu’on (fasse cela)
*All we have to do is (do this) we have to (do that)

On le sait : nous sommes gavés de sur-information mal maîtrisée, à l’aune de la pensée unique, au point qu’il faut être vigilant pour penser par soi-même et ne pas répéter les « brèves de comptoir ». Aussi devient-il d’autant plus intéressant de confronter nos points de vue avec ceux de toutes sortes de gens. Clive vient d’Angleterre, sa culture est très proche de la nôtre, pourtant nous avons eu un débat qui m’interpelle encore après son départ. Car il pose des questions de société fondamentales.
We know it: we are stuffed with poorly controlled over-information, in terms of single thought, to the point that we have to be vigilant to think through ourselves and not to repeat the « bar counter news ». So it becomes all the more interesting to confront our points of view with those of all kinds of people. Clive comes from England, his culture is very close to ours, yet we had a debate that still concerns me after his departure. Because it raises fundamental questions of society.

Il s’agissait de la sécurité sociale. Selon lui, on est trop assisté en France. Mon esprit commence par récuser cette affirmation, comment pourrait-on être trop assisté ? Quand je me suis cassé l’épaule, il y a eu l’aller retour à l’hôpital en ambulance, les examens, les nombreux rendez-vous, les séances de kiné… Rien n’était superflu, et si j’avais dû tout payer, comment aurais-je fait ?
It was about social security. According to him, we are over assisted in France. My mind begins to challenge that statement, how could one be over assisted? When I broke my shoulder, there was the outbound and return to the hospital in the ambulance, the exams, the many appointments, the physio sessions… Nothing was superfluous, and if I had to pay for everything, how would I have done?

Ce soir-là, nous n’avons pas eu l’occasion d’aller au fond de la discussion sur un sujet très compliqué, quant à moi j’ai réfléchi depuis à son point de vue. Clive veut certainement dire que chacun est l’auteur, l’acteur, de sa propre santé. Ce n’est pas au médecin de gérer ma santé, mais à moi-même. Je pense à Dom dont les amis faisaient des difficultés à l’époque des restrictions dites « sanitaires », par crainte d’une contamination, mais qui n’avaient aucune hygiène de vie, des gens sédentaires, peu soucieux de leur alimentation. Ils ne sont pas un cas isolé. Et dès qu’il y a un raté au démarrage, ils courent en panique exiger du médecin d’être remis sur pied.
Je suis d’accord avec Clive (si je ne trahis pas sa pensée) sur ce point : nous devons être exigeants avec nous-mêmes, prendre en main notre propre santé au lieu de la confier à un tiers.
That evening, we did not have the opportunity to get to the bottom of the discussion on a very complicated subject, as for me, I have since thought about his point of view. Clive certainly means that everyone is the author, the actor, of his own health. It is not up to the doctor to manage my health, but up to me. I am thinking of Dom, whose friends were having difficulty during the so-called « sanitary » restrictions, for fear of contamination, but who had no healthy lifestyle, sedentary people, little concerned about their diet. They are not an isolated case. And as soon as there is a failure at the start, they run in panic demanding that the doctor put them back on their feet.
I agree with Clive (if I’m not betraying his thinking) on this point: we must be demanding with ourselves, take charge of our own health instead of entrusting it to a third party.

23 juin – 6 h 31 – June 23 – 6:31 a.m.
+ 8 secondes

Voilà que je me casse l’épaule : je ne suis plus en mesure de me soigner moi-même, et comme je suis assurée sociale, j’ai accès aux soins nécessaires*. Alors que je suis en réparation, le débat fait rage sur la vaccination (anti-covid, bien entendu), et la question se pose de ne pas accorder les mêmes droits aux personnes selon si elles sont vaccinées ou pas. Dans ces conditions, va-t-on soigner un cancéreux car il a détruit sa santé par le tabac ? Un alcoolique car il n’aurait pas dû boire ? Un accidenté de la route qui a commis la faute à l’origine de l’accident ?
*Si je n’avais pas été assurée, comment cela se serait-il passé ?
Now I have broken my shoulder: I am no longer able to treat myself, and since I am insured, I have access to the necessary care*. While I am in repair, the debate is raging on vaccination (anti-covid, of course), and the question arises of not granting the same rights to people depending on whether they are vaccinated or not. Under these conditions, are we going to cure a cancer patient because he has destroyed his health by tobacco? An alcoholic because he shouldn’t have been drinking? A road accident victim who committed the fault causing the accident?
*If I hadn’t been insured, what would have happened?

19 juillet 6 h 24 – July 19 6:24 a.m.
+ 6 secondes
+ encore 40 secondes — + another 40 seconds

À partir de là, je suis bien embarrassée, car je ne veux pas laisser des nazis faire ce choix, la santé est un droit. Cela n’empêche pas, bien au contraire, que chacun des bénéficiaires de ce droit soit responsabilisé. Que faut-il faire ? Qu’est-ce qui est déjà fait ? Au début de la pandémie, on a rappelé des règles évidentes d’hygiène, et on s’est aperçu que dans de nombreux établissements d’enseignement, il n’y avait pas de savon, pourtant l’accessoire de base.
From there, I am very embarrassed, because I do not want to let Nazis make this choice, health is a right. This does not prevent, quite the contrary, that each of the beneficiaries of this right is empowered. What should be done ? What’s already done? At the start of the pandemic, we were reminded of the obvious rules of hygiene, and we realized that in many educational establishments, there was no soap, yet the basic accessory.

Prendre sa santé en main, parfait. Prendre aussi sa vie en main, c’est encore mieux. Alors, je lève les yeux sur le monde dans lequel nous nous trouvons, et je mesure la distance entre la bonne idée et sa réalisation : comment prendre le temps de cuisiner sain et de faire chaque jour le minimum d’une demi-heure d’activité physique ? Et où trouver le temps d’approvisionnement, que ce soit en cultivant son jardin ou en faisant des achats ? Inutile de rentrer dans les détails : mener la vie qui protège notre santé est impossible à la majorité d’entre nous, ceux qui doivent donner à leur travail des heures innombrables et qui terminent la journée trop fatigués. J’ai connu ça, avec des journées moins longues que la moyenne, mais tellement intenses ! Les dernières années, Paul et moi rentrions à la maison et prenions un bouquin, seule activité encore possible à notre niveau de fatigue.
Sans compter que l’alcool, les sucreries — toutes les petites gourmandises — ça peut aussi être la compensation d’une existence trop morne et/ou trop pénible.
Nous devrions en même temps être assistés et responsabilisés MAIS la société nous pousse à la passivité, au consumérisme.
Il y a un gouffre pour la majorité d’entre nous entre ce que nous faisons et ce que nous devrions faire. Je ne sais pas si j’ai répondu à Clive, j’aurai au moins réfléchi sur ce sujet.
Take charge of your health, perfect. Taking charge of your life is even better. So, I look up to the world we find ourselves in, and I measure the distance between the good idea and its realization: how to take the time to cook healthy and to do the minimum of half an hour every day physical activity ? And where do you find the time to stock up, whether you’re cultivating your garden or shopping? Needless to go into details: Leading the life that protects our health is impossible for the majority of us, those who have to give countless hours to their work and end the day too tired. I’ve been through that, with days shorter than average, but so intense! The last few years, Paul and I would come home and pick up a book, the only activity still possible at our level of fatigue.
Not to mention that alcohol, sweets – all the little delicacies – can also be the compensation for an existence that is too dull and/or too painful.
We should at the same time be assisted and empowered BUT society pushes us to passivity, to consumerism.
There is a chasm for most of us between what we are doing and what we should be doing. I don’t know if I answered Clive, I will have at least reflected on this subject.

digitale en fleur… —foxglove in flower …
en graine… — in seed …
graines de digitale dans ma main — foxglove seeds in my hand

Ce doit être dans les années 70 que l’on a vu pour la première fois un publiphobe : un homme triste, solitaire et frustré. La publicité s’est mise à faire de la publicité pour la publicité !!!
« Avec la publicité, vous êtes informés ! » disait cette saloperie mensongère. Bien entendu, je ne risquais pas de m’identifier au publiphobe, je détestais la pub car « la publicité nous prend pour des cons la publicité nous rend cons ! » disait une autre source.
It must have been in the 1970s that we first saw a publiphobic: a sad, lonely, frustrated man. Advertising started advertising for advertising!!!
« With advertising, you are informed! » this lying bastard said. Of course, I was not likely to identify with the publiphobic, I hated advertising because « advertising takes us for asshole advertising makes us asshole! » said another source.

étrange ponte sur feuille de tomate — strange egg-laying on tomato leaf
extra terrestres ? — extra terrestrial?
étrange ponte sur feuille de haricot — strange egg laying on bean leaf

Une autre fois, j’ai vu sur une page de pub de charmants bébés bien ronds bien roses (pas trop sombres de peau, peut-être un peu, je ne sais plus) : s’ils étaient en bonne santé, c’était grâce aux vaccinations ! Dès lors je me suis méfiée encore plus des vaccins. La médecine doit faire de l’information, pas de la publicité ! C’est quoi cette société qui nous infantilise à ce point ?
D’ailleurs, mon vaccin anti-tétanique commence à se faire bien vieux, mais on ne trouve que des cocktails, je me suis renseignée, je ne relève ni de l’anti-diphtérie ni de l’anti-polio. Si vous apprenez que je suis morte du tétanos, vous saurez que c’est pour avoir évité des vaccins inutiles. Mon corps m’appartient.
Another time, I saw on a page of advertising lovely plump pink babies (not too dark-skinned, maybe a little, I forget): if they were healthy, it was thanks to vaccinations! From then on, I became even more wary of vaccines. Medicine should inform, not advertise! What is this society that infantilizes us so much?
Besides, my anti-tetanus vaccine is starting to get very old, but you can only find cocktails, I inquired, I do not fall under either anti-diphtheria or anti-polio. If you find out that I died of tetanus, you will know that it was for avoiding unnecessary vaccinations. My body belongs to me.

Comme le dit Mary Crow Dog dans son livre « Lakota woman » le problème de l’alcool n’est pas un problème indien : ce sont les Blancs qui fabriquent l’alcool, qui l’ont apporté aux Indiens, qui s’enrichissent avec, et qui créent les conditions qui poussent les Indiens à le boire.
De même, est-ce que les consommateurs sont entièrement responsables des mauvaises conditions de travail, de la malbouffe, des logements mal adaptés ? Et même de la sédentarité, pour la raison que je viens d’évoquer ? Du mal de vivre en général ?
As Mary Crow Dog says in her book « Lakota woman » the alcohol problem is not an Indian problem: it is the whites who make the alcohol, who brought it to the Indians, who get rich with it, and who create the conditions which push the Indians to drink it.
Likewise, are consumers entirely responsible for poor working conditions, junk food, unsuitable housing? And even a sedentary lifestyle, for the reason I just mentioned? Trouble living in general?

J’ai eu en main l’ouvrage « La société du spectacle » de Guy Debord, prêté par un ami qui en avait annoté toutes les pages. Moi, j’ai été incapable d’en dépasser les trois premières lignes. Je suis peut-être situationniste sans le savoir…
I had Guy Debord’s book, « La société du spectacle », on loan from a friend who had annotated all the pages. I was unable to go beyond the first three lines. I may be a situationist without knowing it…

Et avec tout ça… comment vais-je vous parler de la banane officielle du tour de France ? Du ragondin que j’ai vu brouter en toute quiétude à quelques pas de moi ? Du lever de soleil en quelques secondes ? De la terrible guerre que nous avons dû mener contre les doryphores et les limaces ? Des récoltes de graines de fleurs ? Et de tant d’autres choses encore ?
And with all that…how am I going to tell you about the official Tour de France banana? Of the nutria I saw grazing peacefully a few paces from me? Sunrise in a few seconds? Of the terrible war we had to wage against the beetles and slugs? Flower seed crops? And so many other things?

Encore de la zique ? — More music?

Clive a séjourné ici une douzaine de jours, on a passé de très bons moments avec lui. Il a travaillé dur pour creuser une tranchée, et l’a tellement bien refermée qu’on ne la voit déjà plus. J’ai eu du mal à aider Paul à passer le plymouth dans la gaine, mais pour finir l’eau et l’électricité ont été menées à destination en toute sécurité.
Clive stayed here for a dozen days, we had a great time with him. He worked hard to dig a trench, and closed it up so well that you can’t see it anymore. I struggled to help Paul thread the tube through the shaft, but in the end the water and electricity were delivered safely.

Clive a aussi construit une structure en bambous pour faire grimper les haricots. Il nous a vraiment beaucoup aidés, il a beaucoup d’expérience et dans de nombreux domaines. Il n’a pas besoin d’explication, il est autonome. Il nous a préparé un excellent repas thaï qui lui a demandé des heures de travail, un moment mémorable !
Clive also built a bamboo structure for the beans to climb. He really helped us a lot, he has a lot of experience and in many areas. He does not need an explanation, he is autonomous. He cooked us an excellent Thai meal that took hours of work, a memorable moment!

Pendant cette période, Sylvane était ici elle aussi, et c’est grâce à elle, à sa patiente récolte, si nous avons de la confiture de groseille-cassis. Je me suis trouvée dans la voiture avec elle sous une pluie torrentielle, et le temps de courir à l’abri nous étions trempées ! Depuis, c’est la sécheresse.
During this period, Sylvane was here too, and it is thanks to her, to her patient harvest, that we have currant-blackcurrant jam. I found myself in the car with her under torrential rain, and by the time I ran for cover we were soaked! Since then, it’s been drought.

Althéa

Je vais le plus souvent possible en vélo acheter à Gauthier ou à son collègue le pain que je paye en tissous, la monnaie locale, encore trop peu utilisée par ici. Et, comme trop souvent, je laisse à Paul le soin de préparer la plupart des repas. C’est aussi lui qui fait le marché et j’aurais du mal si je devais approvisionner la maison, j’en ai perdu l’habitude !
I go as often as possible by bike to buy bread from Gauthier or his colleague, which I pay for in tissous, the local currency, still too little used around here. And, as too often, I leave it to Paul to prepare most of the meals. He’s also the one who goes to the market and I would have a hard time if I had to supply the house, I’ve lost the habit!

Paul dort rarement après six heures, ce qui lui permet d’être au jardin à sept heures… C’est le bon moment, les nuits restent fraîches. L’eau coule ici ou là, dans les cuves, dans la mare, dans les arrosoirs, pour aboutir invariablement dans les courgettes, déjà en surproduction, ici comme partout.
Paul rarely sleeps after six o’clock, which allows him to be in the garden at seven o’clock… It’s the right time, the nights remain cool. The water flows here and there, in the tanks, in the pond, in the watering cans, to end up invariably in the zucchinis, already in overproduction, here as everywhere.

Autant dire que c’est la routine, routine aussi notre rendez-vous hebdomadaire bien plaisant avec Jacques et Päivi. Travailler avec eux nous motive, Paul et moi, pour essayer de trouver chaque jour un moment pour faire de la musique. On tient à peu près le rythme !
In other words, it’s routine, routine also our very pleasant weekly meeting with Jacques and Päivi. Working with them motivates Paul and me to try to find a moment to make music every day. We’re pretty much keeping up!

Gauthier le boulanger est aussi chanteur : la Chorale Rurale Itinérante donnait un concert pas loin d’ici et nous avons été très heureux d’y assister, Paul et moi, avec Sylvane et Nanath.
Ce spectacle venait tout juste d’être créé pour parler de voyage, nous proposant des chants d’un peu partout sur la planète. J’avais déjà pu entendre ce groupe interpréter quelques titres, c’est la première fois que j’assiste à un spectacle complet, je suis comblée. Il y a du décor, de l’invention, plein d’idées ! Parfois quelques mots, sans doute pour éviter la monotonie, et pour aider au passage d’une région à une autre. Mais surtout il y a une superbe maîtrise de la technique, c’est très harmonieux, alors que ce sont des interprétations difficiles. Et c’est parti pour des percussions corporelles. Neuf personnes chantent, Soizic est chef de chœur le plus souvent, parfois c’est un(e) autre choriste qui donne le départ et accompagne le chant.
Je souhaite longue vie à cette belle chorale qui nous a fait passer une superbe soirée.
Gauthier the baker is also a singer: the Chorale Rurale Itinérante (Itinerant Rural Choir) was giving a concert not far from here and we were very happy to attend, Paul and I, with Sylvane and Nanath.
This show had just been created to talk about travel, offering us songs from all over the planet. I had already been able to hear this group perform a few titles, this is the first time that I have attended a complete show, I am overwhelmed. There’s decor, invention, lots of ideas! Sometimes a few words, no doubt to avoid monotony, and to help the transition from one region to another. But above all there is a superb mastery of the technique, it is very harmonious, while these are difficult interpretations. And here we go for body percussion. Nine people sing, Soizic is the choir director most often, sometimes it is another chorister who gives the start and accompanies the singing.
I wish long life to this beautiful choir which made us spend a superb evening.

La FAMDT, Fédération des Acteurs et Actrices des Musiques et Danses Traditionnelles publie des émissions de radio sur l’histoire du folk en France : j’ai écouté avec un immense plaisir l’interview de Catherine Perrier, qui me ramène au temps d’avant. Avant de me connaître, Paul était déjà passionné de musique traditionnelle, et avait suivi les errances du Bourdon, les concerts dans des villages perdus, les festivals avec des vingt mille personnes, ces rencontres où chacun essayait d’aligner quelques notes sur un violon ou tout autre instrument.
The FAMDT, Federation of Actors and Actresses of Traditional Music and Dance publishes radio programs on the history of folk in France: I listened with great pleasure to the interview with Catherine Perrier, which takes me back to the time before. Before knowing me, Paul was already passionate about traditional music, and had followed the wanderings of the Bourdon, the concerts in remote villages, the festivals with twenty thousand people, these meetings where everyone tried to align a few notes on a violin or any other music instrument.

J’ai suivi Paul en 1973 au festival de Pons où la même mélodie se jouait partout, comme un hymne, un emblème, où la bonne humeur était au rendez-vous et où jusque tard dans la nuit se succédaient sur scène des groupes venus de partout et que nous écoutions, étendus dans la prairie. Souvenirs des débuts d’un mouvement assez prodigieux où Catherine et Emmanuelle Parrenin ont eu une part considérable. Je n’ai écouté que ces deux émissions, et encore je n’ai pas terminé la deuxième. J’y entends les noms de ces personnalités hors du commun que Paul avait eu le grand plaisir de côtoyer, Christian Leroi-Gourhan (oui, le fils du préhistorien André), Jean-François Dutertre à la si belle voix, Michel Hindenoch que nous avons revu récemment comme conteur, et tant d’autres.
I followed Paul in 1973 to the Pons festival where the same melody was played everywhere, like a hymn, an emblem, where good humor was present. Groups from all over followed one another on stage until late at night and we were listening, lying in the meadow. Memories of the beginnings of a rather prodigious movement in which Catherine and Emmanuelle Parrenin had a considerable sharing. I have only listened to these two radio programs, and yet I have not finished the second. I hear the names of these extraordinary personalities whom Paul had had the great pleasure of meeting, Christian Leroi-Gourhan (yes, the son of the prehistorian André), Jean-François Dutertre with such a beautiful voice, Michel Hindenoch whom we recently reviewed as a storyteller, and so many others.

Catherine Perrier et John Wright

Emmanuelle Parrenin s’est trouvée en 1968 sur l’île aux Coudres, au Québec, pour faire du collectage de chansons et de musique avec les gens de son groupe, auprès d’une famille comptant vingt enfants – ce qui est incroyable pour nous et assez commun là-bas à l’époque. Plus extraordinaire, dix-huit enfants étaient sourds et muets. Cependant, on ne les distinguait pas des autres car les sourds captent les vibrations et peuvent avoir un excellent sens du rythme. Pour Emmanuelle, ce fut une révélation des capacités ignorées des sourds.
Emmanuelle Parrenin was in 1968 on Île aux Coudres, in Quebec, to collect songs and music with the people of her group, with a family of twenty children – which is incredible for us and quite common there at the time. More extraordinary, eighteen children were deaf and mute. However, they were indistinguishable from others because the deaf pick up vibrations and can have an excellent sense of rhythm. For Emmanuelle, it was a revelation of the ignored capacities of the deaf.

Ces émissions de la FAMDT sont réservés malheureusement seulement aux francophones. Encore faut-il éprouver de l’intérêt pour la musique traditionnelle. Je remercie la FAMDT pour ce travail remarquable, et aussi Jacques pour m’avoir transmis l’adresse de ces podcasts.
These programs of the FAMDT are unfortunately reserved only for French speakers. You still need to have an interest in traditional music. I thank the FAMDT for this remarkable work, and also Jacques for sending me the address of these podcasts.

Vielle à roue — Hurdy-Gurdy

Pour continuer avec la musique, pas traditionnelle cette fois, je commence par la fin : j’ai téléphoné à Éric Frasiak pour lui demander si c’est lui qui a proposé à Sarclo de venir donner un concert chez nous. C’est bien le cas, et je suis enchantée d’avoir reçu chez nous ce chanteur remarquable. Je n’aurais pas su le contacter, et je n’aurais pas osé le faire si j’avais su. Les chanteurs me surprendront sans doute toujours, les plus exceptionnels d’entre eux recherchent aussi le concert chez l’habitant avec tout ce que permet cette proximité.
To continue with the music, not traditional this time, I’ll start at the end: I called Éric Frasiak to ask him if he was the one who suggested Sarclo come and give a concert with us. This is indeed the case, and I am delighted to have received this remarkable singer with us. I would not have known how to contact him, and I would not have dared to if I had known. The singers will undoubtedly always surprise me, the most exceptional of them also seek the concert at the inhabitant with all that this proximity allows.

À peine la voiture garée, les câlins échangés, Sarclo et Corinne installent le matériel, d’abord les quatre poubelles pour y ranger les quatre guitares (nécessaires pour des accordages différents).
As soon as the car is parked, the hugs exchanged, Sarclo and Corinne install the equipment, first the four bins to store the four guitars (necessary for different tunings).

Photo Ghislaine, merci – thank you!

« Je n’ai jamais été aussi vieux » dit Sarclo dans son dernier CD. Je crois qu’il déteste ça. C’est un personnage ambigu, et qui fait semblant d’être méchant, d’être cynique, mais ses textes me font venir les larmes aux yeux. C’est pour ça que je les aime, lui et son œuvre, pour cette humanité, cette sensibilité à fleur de peau. Dans la foulée ne pas oublier son opératrice Corinne avec qui les échanges de courriels sont une vrai plaisir.
Sarclo est connu, a été connu, dans un certain milieu : dans notre public, la grande majorité le découvrait, quelques-uns le retrouvaient, à leur plus grand plaisir. Yves a été tout particulièrement ému de revenir à une époque passée de plus de trente ans.
« I’ve never been so old, » Sarclo says in his latest CD. I think he hates this. He is an ambiguous character, and who pretends to be nasty, to be cynical, but his lyrics bring tears to my eyes. That’s why I love them, him and his work, for this humanity, this skin-deep sensitivity. In the process, do not forget his operator Corinne with whom exchanging emails is a real pleasure.
Sarclo is known, has been known, in a certain milieu: in our audience, the vast majority discovered him, a few found him again, to their delight. Yves was particularly moved to return to a past era of more than thirty years.

« Il n’a pas la langue de bois » comme me l’a dit Frasiak. Et Frédéric Bobin exprime toute son admiration : « Cru, âpre, drôle, cynique, roots, poétique, acide,
rugueux, surréaliste, bouleversant…
Un diamant pur, pas poli.
Et les guitares sonnent comme si elles venaient du fond des âges… »
« Sarclo, c’est un gars qui arrive à te faire rire et pleurer dans la même chanson » dit Ariane Ferrier.
« He doesn’t have a tongue-in-cheek, » as Frasiak told me. And Frédéric Bobin expresses all his admiration: « Raw, harsh, funny, cynical, roots, poetic, acid,
rough, surreal, moving… A pure diamond, not polished.
And the guitars sound like they’ve come from the ages… »
« Sarclo is a guy who manages to make you laugh and cry in the same song » Ariane Ferrier says.

Encore Ghislaine !

Les textes de Sarclo sont directs. Il reproche à Hugues Aufray d’avoir édulcoré ceux de Dylan. Par exemple en traduisant seins par reins. Alors Sarclo les a traduits. Sur son site, vous trouverez les textes originaux et les traductions.
« Dylan a regardé le monde et l’amour comme une blessure chaude, comme une blague vexante, comme la motte de terre vibrante de vie qui se regarde tomber dans sa tombe (…). 
Je propose le spectacle sincère d’un obsédé d’écriture et de guitares acoustiques. J’y entrevois une chance pour la chanson française d’aller là où on ne l’attend pas. » Sarclo
Sarclo’s texts are direct. He criticizes Hugues Aufray for having watered down those of Dylan. For example by translating breasts by kidneys. So Sarclo translated them. On his site, you will find the original texts and the translations.
« Dylan looked at the world and love as a hot wound, as a vexing joke, as the clod of earth vibrating with life watching itself fall into its grave (…).
I offer the sincere spectacle of someone obsessed with writing and acoustic guitars. I see a chance for French song to go where we least expect it. » Sarclo

Ghislaine toujours

Son jeu de guitare a particulièrement impressionné Jean-Pierre et Lolo, qui sont allés voir de près les faux ongles de Sarclo. J’ai vu sur une vidéo des sortes de bague en métal aux ongles de Joan Baez, alors que Frasiak préfère jouer de la pulpe des doigts.
His guitar playing particularly impressed Jean-Pierre and Lolo, who went to see Sarclo’s false nails up close. I saw on a video some sort of metal ring on Joan Baez’s nails, while Frasiak prefers to play with the pulp of his fingers.

un sourire par soirée — one smile a night (Ghislaine toujours toujours)

Il n’arrête jamais ! Pendant que nous mangions, il a pris une de ses guitares. Alors Jean-Pierre et Lolo sont allés chercher leur guitare, et on a eu droit à un dernier set.
He never stops! While we were eating, he took one of his guitars. So Jean-Pierre and Lolo went to get their guitar, and we were treated to a final set.

Encore une fois, Paul et moi étions presque épuisés le lendemain, sans ressort, sans énergie, mais heureux comme des fous de continuer l’aventure des spectacles à domicile.
Once again, Paul and I were almost exhausted the next day, without spring, without energy, but happy as mad to continue the adventure of the shows at home.

Le plein de musiques

C’est devenu le bazar, ce blog. J’essaie de retrouver un rythme régulier de publication.
This blog has become a mess. I’m trying to get back to a regular rhythm of posting.

Nous sommes allés chez Esther écouter Kara Nubé, un duo formé par Veronika Warkentin et Jean-Pierre Sarzier. Tous deux ont une expérience musicale solide et variée ! Bon, comment écrire sur quelque chose qui s’écoute ? Admirer tout de suite la complicité évidente des deux artistes. Même si certains chanteurs comptent joliment le « un deux trois », Jean-Pierre et Veronika s’en dispensent, tout est dans le regard. Cela semble couler de source, cela semble naturel et détendu. Et si c’est vraiment le cas, c’est à cause de tout ce travail préalable, considérable, mais qu’on ne voit pas. Tous deux ont une grande maîtrise de leur art.
We went to Esther to listen to Kara Nubé, a duo formed by Veronika Warkentin and Jean-Pierre Sarzier. Both have a solid and varied musical background! Well, how do you write about something that can be listened to? Immediately admire the obvious complicity of the two artists. Even if some singers count the « one two three » nicely, Jean-Pierre and Veronika dispense with it, it’s all in the look. It seems to flow naturally, it feels natural and relaxed. And if this is really the case, it is because of all this preliminary work, considerable, but which we do not see. Both have a great mastery of their art.

Veronika joue parfois de ce tambour, le daf, aussi de la shruti-box, mais la belle flûte dont j’ai oublié le nom a refusé de sonner ce soir – les instruments sont tellement sensibles à l’hygrométrie et à la chaleur ! Veronika a surtout chanté, sa voix est vraiment très belle. Le répertoire, ce sont des chants traditionnels du monde, surtout Moyen-Orient, musique grecque, des Balkans et d’Amérique latine.
Veronika sometimes plays this drum, the « daf », also the shruti-box, but the beautiful flute whose name I forget refused to sound tonight – the instruments are so sensitive to humidity and heat! Veronika mostly sang, her voice is really beautiful. The repertoire is traditional songs from around the world, especially the Middle East, Greek music, the Balkans and Latin America.

Il y a en même temps une forte unité de style — leur marque de fabrique me semble facile à identifier — et une grande diversité dans le jeu des instruments. Le jeu de Jean-Pierre est nuancé au point… qu’on croit entendre une guitare basse quand il joue de la clarinette basse. Il adapte le volume sonore selon si Veronika chante en même temps : la voix est parfaitement audible et le texte accessible à ceux qui connaissent la langue utilisée. Et si c’est un instrumental, Jean-Pierre donne plus de volume dans un jeu extrêmement nuancé. Sa maîtrise des instruments m’a époustouflée !
There is at the same time a strong unity of style – their trademark seems easy to identify to me – and a great diversity in the playing of the instruments. Jean-Pierre’s playing is nuanced to the point… that you think you hear a bass guitar when he plays the bass clarinet. He adapts the sound volume depending on whether Veronika is singing at the same time: the voice is perfectly audible and the text accessible to those who know the language used. And if it’s an instrumental, Jean-Pierre gives more volume in an extremely nuanced game. His mastery of the instruments blew me away!

Pour jouer de cet instrument de bambou – faut-il l’appeler flûte ou clarinette ? – il pratique la respiration circulaire, cette technique permettant de souffler sans arrêt (il n’y a pas de réserve d’air comme dans la cornemuse !), déjà difficile. Et en plus, il tire de ce petit tube tout simple des sonorités incroyables.
To play this bamboo instrument – should it be called flute or clarinet? – he practices circular breathing, this technique allowing him to blow without stopping (there is no reserve of air like in the bagpipes!), already difficult. And what’s more, he draws incredible sounds from this simple little tube.

Je disais difficile d’écrire sur quelque chose qui s’écoute, j’ai encore plus de mal à parler de Veronika ! C’est un plaisir de l’écouter, de la regarder. J’ai particulièrement aimé son adaptation de la chanson de Brel, « ne me quitte pas », traduite en italien. Ne chante pas Brel qui veut, elle a pris possession de ce texte-là et nous donne une superbe chanson.
En cliquant ici ou là sur le texte en bleu, vous accéderez à des enregistrements sur youtube. Peut-être en trouverez-vous d’autres.
I said hard to write about something that can be listened to, I have even more trouble talking about Veronika! It is a pleasure to listen to her, to watch her. I particularly liked her adaptation of Brel’s song, « ne me quitte pas », translated into Italian. Not everyone can sing Brel, she took possession of this text and gives us a superb song.
By clicking here or there on the text in blue, you will access recordings on youtube. Maybe you will find others.

Fred Garcia, lui, est tout seul sur scène mais fait semblant du contraire : il interpelle des musiciens fameux dont il utilise en boucle quelques fragments enregistrés. Je crois qu’il adapte ce nouveau spectacle où il est seul, jusqu’à présent ils étaient plusieurs. Je suis toujours un peu étonnée de l’aisance des artistes sur scène, la qualité de leurs improvisations demandant une grande maîtrise technique.
Fred Garcia, on the other hand, is alone on stage but pretends to the contrary: he calls out to famous musicians from whom he uses a few recorded fragments on a loop. I think he is adapting this new show where he is alone, until now there were several of them. I am always a little surprised by the ease of the artists on stage, the quality of their improvisations requiring great technical mastery.

Fred est auteur compositeur interprète. Il propose ses histoires chantées, des chansons latino swing, ou d’autres styles… Valse ou jazz sont aussi ses musique de prédilection.
Au premier rang, Nanath est aux anges, la bossa nova ça lui parle, il chante dans un registre qu’elle connaît bien et aime beaucoup. Fred est très drôle, cabotin juste ce qu’il faut. C’est très différent comme soirée, on est plutôt entre copains. Jean-Pierre et Chantal sont là, qui constituent Souffle de Brume avec Fred : allez sur le site de ce dernier, il vous en parle.
Fred is a singer-songwriter. He offers his sung stories, Latin swing songs, or other styles… Waltz or jazz are also his favorite music.
In the front row, Nanath is in heaven, bossa nova speaks to her, he sings in a register that she knows well and likes a lot. Fred is very funny, playboy just right. It’s very different as an evening, we’re more among friends. Jean-Pierre and Chantal are there, who constitute Souffle de Brume with Fred: go to the latter’s site, he tells you about it.

Veronika , Jean-Pierre, Fred… Un point commun entre ces artistes si différents, c’est leur passion pour leur art. Tous les trois en ont fait leur métier. Nous venons de traverser une période pendant laquelle on voulait nous faire croire qu’on pouvait se passer de cette passion, que l’on soit public ou artiste.
Veronika, Jean-Pierre, Fred… A common point between these very different artists is their passion for their art. All three have made it their profession. We have just gone through a period during which they wanted us to believe that we could do without this passion, whether we are public or artist.

Un autre passionné, avec un parcours radicalement différent, c’est Patrick Mazellier. Dans les années 70 Paul l’avait rencontré dans un groupe de musique trad’. Jacques et Päivi nous ont invités à aller l’écouter en conférence. En plus d’être violoniste, il est chercheur en ethnomusicologie, si si ça existe ! Il propose « une approche des pratiques violoneuses en Dauphiné, Vivarais, Savoie : du violon au chant à danser, du rigodon à la bourrée ». Autant dire que c’est pointu. Autant avouer que ce fut une soirée trop spécialisée pour moi qui n’ai pas les connaissances de Mazellier. Il a fait un travail considérable de collectage auprès des musiciens traditionnels, le plus souvent âgés, que la radio a fait disparaître. Mazellier nous parle des relations entre les rythmes moteurs des danses et le jeu d’archet. Et à chaque fois, il prend son violon et nous fait une démonstration. Et à chaque fois, il joue avec aisance quelque chose de très difficile.
Another enthusiast, with a radically different background, is Patrick Mazellier. In the 70s Paul had met him in a traditional music group. Jacques and Päivi invited us to go and listen to him at a conference. In addition to being a violinist, he is a researcher in ethnomusicology, yes, that exists! He offers « an approach to violin practices in Dauphiné, Vivarais, Savoie: from violin to song to dance, from “rigodon” to “bourrée” ». Suffice to say, it’s sharp. As much to admit that it was an evening too specialized for me which does not have the knowledge of Mazellier. He has done a considerable job of collecting from traditional musicians, most often elderly, whom the radio has made disappear. Mazellier tells us about the relationship between the motor rhythms of dances and bowing. And each time, he takes his violin and gives us a demonstration. And each time, he plays something very difficult with ease.

Pour savoir où situer le plus gros de ses recherches, tracez une ligne d’est en ouest qui part de Savoie (un peu de Haute-Savoie) et traverse le nord de la Drôme et celui de l’Ardèche.
To know where to locate the major part of his research, draw a line from east to west that starts from Savoie (a bit of Haute-Savoie) and crosses the north of Drôme and that of Ardèche.

L’Ardèche, j’y suis née, j’y ai vécu vingt ans, et mes parents m’ont souvent raconté leurs difficultés dans les régions montagneuses et arriérées. À une même époque, on pouvait donc rencontrer des brutes ignorantes et des violoneux virtuoses : ce contraste me donne un autre regard sur cette belle région restée longtemps à l’écart. Je ne garderai pas de souvenir de la conférence trop technique de Patrick Mazellier, mais il me laisse une très bonne impression par cette ouverture sur le passé, et cela, je ne l’oublie pas.
Ardèche, I was born there, I lived there for twenty years, and my parents often told me about their difficulties in the mountainous and backward regions. At the same time, we could therefore meet ignorant brutes and virtuoso fiddlers: this contrast gives me another look at this beautiful region that has long remained apart. I will not remember Patrick Mazellier’s overly technical conference, but he left a very good impression on me with this openness to the past, and that I will not forget.

Et moi je chante…
C’est par le plus grand des hasards qu’on a commencé à faire de la musique avec Jacques et Päivi, cela fait maintenant plus d’un an. L’habitude est prise, et Paul et moi réussissons à avoir notre moment de musique à peu près chaque jour.
J’ai pris des cours particuliers de chant de façon régulière pendant quatre ans et demi, après quoi j’ai laissé tomber, puis je me suis remise à chanter. Je ne sais pas si je mets en pratique ce que j’ai appris, je sais que chanter est devenu un engagement, quelque chose d’aisé et de difficile en même temps.
Chanter c’est se jeter à l’eau
c’est faire une traversée
c’est prendre un risque
c’est lâcher tous ses repères…
And I sing…
It’s by chance that we started making music with Jacques and Päivi, it’s been over a year now. The habit is taken, and Paul and I manage to have our moment of music almost every day.
I took private singing lessons on a regular basis for four and a half years, after which I gave up and then started singing again. I don’t know if I put into practice what I learned, I know that singing has become a commitment, something easy and difficult at the same time.
To sing is to jump into the water
it’s to make a crossing
it’s taking a risk
it’s letting go of all your bearings…

fuschia en octobre — fuchsia in october