Un mardi comme les autres*…

* Mes titres, de plus en plus mensongers?
* My titles, more and more lying?

`Des nouvelles de Rose la Canadienne lundi soir. Depuis Taipei, la voilà maintenant au Mexique.
En mai 2012 elle arrivait d’Afrique et retrouvait chez nous sa sœur Lili. Avec Alessandra, venue d’Italie, une belle équipe s’était constituée. J’en avais parlé, ça s’appelait « Danses, chants et rires ».
Rose était revenue nous voir après avoir voyagé au Maroc, en Turquie…
News from the Canadian Rose Monday evening. From Taipei, she is now in Mexico.
In May 2012 she came from Africa and met her sister Lili in our home. With Alessandra, from Italy, a great team was formed. I mentioned it, it was called « Danses, chants et rires ».
Rose came back to see us after traveling to Morocco, Turkey…

Les anglophones peuvent suivre ses aventures et sa « Curiosité Vagabonde — Curiosity Roving ». Elle souhaite revenir à un sens de la vie simple et heureux et me fait penser à Séb.
Anglophones can follow her adventures and her « Curiosity Roving ». « I am coming back to a more simple and happy sense of life », she says, and she reminds me of Séb.

Trop dur ! — Too hard!

Au sujet de son blog :
« J’écris une lettre chaque mois, principalement au sujet des lieux que je visite. Vous pouvez lire ou vous inscrire ici. »
About her blog:
« I write one newsletter every month, mostly about the places that I visit. You can read them or subscribe here. »

De mon côté, je suis de plus en plus à l’aise pour écrire aussi en anglais ; cela me permet de rester en contact avec nos innombrables visiteurs, et je suis contente si Rose revient me lire.
For my part, I am more and more comfortable writing also in English; it allows me to stay in touch with our countless visitors, and I’m glad if Rose comes back to read me.

Le mardi 14, je reçois un message de Yago, venu avec Zsuzsi en juin 2018 : je ne lui réponds pas tout de suite, je me consacre à mon blog, j’ajoute les photos manquantes, je relis en diagonale une dernière fois et hop !, je poste ma chronique.
On Tuesday the 14th, I receive a message from Yago, who came with Zsuzsi in June 2018: I don’t answer him right away, I devote myself to my blog, I add the missing photos, I reread diagonally one last time and presto!, I post my column.

Rédiger, traduire, relire et illustrer une chonique, c’est un gros travail et j’ai maintenant besoin de prendre l’air ! Avec Paul je pars visiter le parc au moment où Jean-Paul part faire sa marche quotidienne.
Writing, translating, proofreading and illustrating a column is a big job and I now need to get some fresh air! With Paul I go to visit the park when Jean-Paul leaves for his daily walk.

Alors qu’on a dépassé la serre, je suis surprise par des craquements et le galop d’un animal. C’est beaucoup de branle-bas pour un combat de chats ! Puis je vois passer un chevreuil courant de droite et de gauche, complètement paniqué ! Pendant que j’avance d’un côté et Paul de l’autre, il remarque une zone où le givre a fondu et l’herbe est aplatie, l’animal a dormi là !
When we have passed the greenhouse, I am surprised by the creaking and galloping of an animal. It’s a lot of action for a cat fight! Then I see a completely panicked deer running from right and left! As I walk on one side and Paul on the other, he notices an area where the frost has melted and the grass is flattened, the animal slept there!

Le chevreuil file vers le vieux cerisier, et comme je m’approche, il se précipite contre le grillage et bute dedans encore et encore (« A » sur la copie de google map ci-dessous). Ce qu’il ne voit pas dans son affolement, c’est que le grillage se termine ici. À force de se débattre dans tous les sens, il contourne enfin l’obstacle. Il fonce sans ralentir son galop jusqu’au bois (« B ») et peut-être plus loin encore, mais je l’ai perdu de vue.
Pendant ce temps, Jean-Paul en voit un autre qui, lui, se sauve dans la direction opposée, côté colline (« C »).
The deer spins towards the old cherry tree, and as I approach, it rushes against the fence and stumbles into it again and again (« A » on the copy of google map below). What it doesn’t see in its panic is that the fence ends here. By dint of struggling in all directions, it finally gets around the obstacle. It rushes without slowing its gallop to the woods (« B ») and maybe even further, but I have lost sight of him.
Meanwhile, Jean-Paul sees another who, on the other hand, flees in the opposite direction, hill side (« C »).

Je pense que ce sont deux jeunes. J’ai vu « le mien » à un mètre de distance, il semblait en excellente santé.
I think they are two young animals. I saw « mine » a meter away, it seemed to be in excellent health.

Paul me montre l’endroit où a dormi l’animal, herbe aplatie et givre fondu. Une autre empreinte à quelques pas, c’est la trace de celui que Jean-Paul a vu.
Paul shows me where the animal slept, flattened grass and melted frost. Another imprint a few steps away is the trace of the one Jean-Paul saw.

Si vous examinez la carte, il est facile de voir le fouillis de verdure de notre parc, avec, tout autour, d’immenses parcelles de terre nue ou en monoculture. Les chevreuils vivent dans le boisé qui se termine au point B, mais ils vont sans doute venir de plus en plus souvent brouter nos salades et profiter de notre confortable îlot de verdure. Ils les préfèrent à l’herbe qui pousse pourtant dans le parc, dommage pour nous. J’espère pourtant les revoir.
If you look at the map, it’s easy to see the clutter of greenery in our park, with huge plots of bare or monoculture land all around. The deer live in the woods which ends at point B, but they will no doubt come more and more often to graze our salads and take advantage of our comfortable island of greenery. They prefer them to the grass that grows in the park, which is a shame for us. However, I hope to see them again.

Ce même mardi, c’est la deuxième expédition au Faÿ : Serge est venu à la rescousse avec sa refendeuse. Les billots de bois pèsent un poids considérable, il faut les débiter pour les transporter.
This same Tuesday is the second expedition to Faÿ: Serge came to the rescue with his slitter. The logs weigh a considerable weight, they must be cut to transport them.

Pendant qu’ils commencent le débit, je fais un petit tour dans l’espoir de retrouver l’arbre qui marche sur deux jambes, mais je renonce à m’éloigner suffisamment, on va avoir besoin de moi. Alors que je reste un moment en contemplation dans le silence tranquille, je perçois un léger mouvement : une ronce que j’ai écrasée de mes pataugas se redresse lentement.
While they start to cut the wood, I take a little tour hoping to find the tree that walks on two legs, but I give up going far enough, they will need me. As I remain in contemplation for a moment in the quiet silence, I perceive a slight movement: a bramble that I have crushed with my mountain shoe is slowly recovering.

Plus loin, une châtaigne est en train de prendre racine. Courage bébé arbre, tu n’es pas sorti de tes peines, mais peut-être que dans trente ans tu seras toujours là. Si c’est le cas plus personne ne risquera de te piétiner comme je l’ai fait de la ronce.
Further on, a chestnut is taking root. Courage baby tree, you have not come out of your pain, but perhaps in thirty years you will still be there. If that’s the case, no one will risk trampling on you like I did with the bramble.

Dans trente ans ? Y aura-t-il des châtaigniers ici dans trente ans ? Ou des palmiers ? Ou une épaisse couche de permafrost ?
In thirty years? Will there be chestnuts here in thirty years? Or palm trees? Or a thick layer of permafrost?

Dans ce sous-bois si tranquille, mes pensées me ramènent vers les innombrables catastrophes écologiques qui se multiplient sous nos yeux ; certains d’ailleurs disent que le fameux effondrement est déjà là.
In this quiet undergrowth, my thoughts lead me back to the countless ecological disasters that multiply before our eyes; some people say that the famous collapse is already there.

Paul et moi avions eu la chance de rencontrer Pierre Fournier peu avant sa mort, à 35 ans, en 1973. Fournier avait travaillé à Charlie Hebdo, puis avait créé la Gueule Ouverte. Atteint d’une malformation cardiaque, c’est un infarctus qui l’a emporté alors qu’il n’avait publié que trois numéros de son « bébé ».
À cette époque, le ministère de l’environnement créé en 1971, en était à ses débuts. La protection de l’environnement passionnait je pense beaucoup moins de gens que maintenant, et n’était pas encore devenu un parti politique.
Paul and I had the chance to meet Pierre Fournier shortly before his death, at 35 years old, in 1973. Fournier had worked at Charlie Hebdo, then had created La Gueule Ouverte (Open Mouth). Suffering from a heart defect, he suffered a heart attack when he had published only three issues of his « baby ».
At that time, the environment ministry, created in 1971, was in its infancy. Environmental protection, I think, was much less exciting than it is now, and had not yet become a political party.

Si je parle de Pierre Fournier, c’est à cause de son approche visionnaire et lucide de l’écologie il y a un demi-siècle. Je le relis avec le même intérêt, et je retrouve ses dessins percutants avec autant de plaisir. Il utilisait des mots simples pour expliquer des choses complexes – ce n’est pas un hasard si ses parents, instituteurs, avaient fait la connaissance de Célestin Freinet.
If I am talking about Pierre Fournier, it is because of his visionary and lucid approach to ecology half a century ago. I reread him with the same interest, and I find his punchy drawings with as much pleasure. He used simple words to explain complex things – it is no coincidence that his parents, teachers, had met Célestin Freinet.

« Pendant qu’on nous amuse avec des guerres et des révolutions qui s’engendrent les unes les autres, en répétant toujours la même chose, l’homme est en train, à force d’exploitation technologique incontrôlée, de rendre la terre inhabitable, non seulement pour lui mais pour toutes les formes de vie supérieure qui s’étaient jusqu’alors accommodées de sa présence. Le paradis concentrationnaire qui s’esquisse et que nous promettent ces cons de technocrates ne verra jamais le jour parce que leur ignorance et leur mépris des contingences biologiques le tueront dans l’oeuf. La seule vraie question qui se pose n’est pas de savoir s’il sera supportable une fois né, mais si, oui ou non, son avortement provoquera notre mort. » — Pierre Fournier
« While they give us fun with wars and revolutions which generate each other, always repeating the same thing, man is going, by dint of uncontrolled technological exploitation, to make the earth uninhabitable, not only for him but for all the higher forms of life which had hitherto been accommodated by his presence. The paradise concentration camp that is emerging and that these idiots of technocrats promise us will never be created because their ignorance and their contempt for biological contingencies will kill it in the bud. The only real question that arises is not whether it will be bearable once born, but whether or not its abortion will cause our death. » — Pierre Fournier

Sur Wikipédia, la même première phrase ci-dessus est citée une deuxième fois, suivie de celles-ci :
On Wikipedia, the same first sentence above is cited a second time, followed by these:

« Au mois de mai 68, on a cru un instant que les gens allaient devenir intelligents, se mettre à poser des questions, cesser d’avoir honte de leur singularité, cesser de s’en remettre aux spécialistes pour penser à leur place. Et puis la Révolution, renonçant à devenir une Renaissance, est retombée dans l’ornière classique des vieux slogans, s’est faite, sous prétexte d’efficacité, aussi intolérante et bornée que ses adversaires, c’est aux Chinois de donner l’exemple, moi j’achète l’évangile selon Mao et je suis. »
« In May 1968, we thought for a moment that people would become intelligent, start asking questions, stop being ashamed of their uniqueness, stop relying on specialists to think for them. And then the Revolution, renouncing to become a Renaissance, fell back into the classic rut of old slogans, became, under the pretext of efficiency, as intolerant and limited as its adversaries, it is up to the Chinese to give the example, I buy the Gospel according to Mao and I follow. »

Je vous invite à découvrir ou retrouver ce personnage singulier, tandis que je retourne auprès du chêne abattu. Paul et moi chargeons les morceaux dans la remorque une fois qu’ils sont assez petits pour être transportables, Serge et Claude font le travail le plus pénible : nous les envions, ils n’ont pas mal au dos !
I invite you to discover or rediscover this singular character, while I return to the felled oak. Paul and I load the pieces into the trailer once they are small enough to be transportable, Serge and Claude do the hardest work: we envy them, they don’t feel pain in their back!

La photo n’est pas explicite : au premier plan, le bois est un peu plus foncé parce que l’eau ruisselle, et l’eau, c’est la pression de la lame qui la fait sortir. Cet arbre est en partie enfoui dans le sol depuis plusieurs années.
The photo is not explicit: in the foreground, the wood is a little darker because the water is flowing, and the water, it is the pressure of the blade which makes it come out. This tree has been partially buried in the ground for several years.

Ce beau fût transformé en tronçons est transporté sans tarder dans la cour où Paul et moi vidons la remorque. Plus tard Paul refend ce bois au format convenable pour notre chaudière.
This beautiful barrel transformed into sections is transported without delay to the courtyard where Paul and I empty the trailer. Paul later splits this wood to the size suitable for our boiler.

Je commence une collection de galets pour faire de la signalétique au jardin.
I start a collection of pebbles to make signs in the garden.

Alors que nous nous préparons pour la prochaine séance au bois, je remarque sur le sol dans l’atelier de Paul quelque chose comme une ficelle ou une brindille. Je l’attrape à pleine main, ça fait super mal ! Ce ne sont pas des épines comme je le crois d’abord, ce sont des orties qui ont traversé l’épaisseur du mur. Quel courage ! Je me demande si les végans, ont conscience des extraordinaires qualités des végétaux, de leur patience, de leur détermination, de leurs facultés d’adaptation. Mais j’éradique quand même cette plante intrépide.
As we prepare for the next session in the woods, I notice on the floor in Paul’s workshop something like a string or a twig. I grab it in the hand, it hurts a lot! These are not thorns as I believe at first, they are nettles that have crossed the thickness of the wall. How brave ! I wonder if vegans are aware of the extraordinary qualities of plants, their patience, their determination, their ability to adapt. But I still eradicate this fearless plant.

Orties dans un état plus normal :
Healthier nettles:

Ces arbres tombés barrent le chemin, avec Claude nous les enlevons du milieu : Paul et Claude débitent les arbres et moi je regarde et je fais beaucoup de photos. Je me rends utile en enlevant du milieu les branchages qui gênent. Plus tard, j’aide à charger dans la voiture des morceaux très pesants.
These fallen trees block the path, with Claude we remove them from the middle: Paul and Claude cut the trees and I look and I take a lot of photos. I remove from the middle the branches that are annoying. Later, I help to load very heavy pieces into the car.



Peut-être que Dom fera du tournage, c’est du tilleul, le bois se prête au tournage. Paul me suggère d’essayer de faire de la sculpture. Helper chez nous en octobre 2012, Joël avait sculpté deux morceaux de tilleul en disant que d’autres termineraient après son départ.
Maybe Dom will turn, it’s linden, the wood is suitable for turning. Paul suggests that I try to do sculpture. Helper with us in October 2012, Joël had carved two pieces of lime tree and said that others would finish after his departure.

J’ai parlé dans ces colonnes des panonceaux de « voisins vigilants » qui précisent : « si je n’appelle pas la police, mon voisin le fera. » Paul et moi en avons ras le bol de ces affichages, alors nous proposons autre chose :
I have spoken in these columns of signs of « vigilant neighbors » who state: « If I do not call the police, my neighbor will. » Paul and I are fed up with these displays, so we offer something else: « welcoming neighbors. »

Il est encore temps de recevoir des cartes de vœux et celle de Séb est fort amusante !
There is still time to receive greeting cards and Seb’s is very funny!

Janet nous a envoyé cette photo où elle se trouve avec David près de Lesotho en Afique du sud. La peinture derrière eux à été faite par les Bushmen il y a 4000 ans.
Janet, David, je suis contente de revoir votre sourire. Merci aussi pour cette merveilleuse peinture rupestre.
Janet has sent us this photo where she is with David near Lesotho in South Africa. The painting behind them was done by the Bushmen 4000 years ago.
Janet, David, I’m glad to see again your smile. Thank you also for this wonderful rock painting.



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